mercredi 27 août 2008

La tirade du dit-nez

Naguère, quand j'étais plus jeune, on disait de moi que j'étais une "littéraire". Je dévorais les livres qui jalonnaient par ordre alphabétique les étagères poussiéreuses de mes parents, écrivais des poèmes plein de désespoir (comme toute adolescente boutonneuse qui pense avoir un sens aigu de la Vie) et apprenais par coeur les quelques vers qui faisaient bondir mon coeur de midinette.

Puis, j'ai totalement, mais alors totalement abandonné les livres pour une activité beaucoup moins intéressante qu'est "le Travail". Pire encore, quand Nain est né, mon vocabulaire s'est lourdement dégradé : on peut certes trouver un peu de poésie dans le pipi-poupou-miammiam, mais soyons honnêtes, le dialogue parent-bébé est assez limité.

Cependant, dans les moments crises qui m'opposent à Nain, j'arrive encore à faire preuve de voltiges verbales pour arriver à mes fins. De manière étrange, cela se passe toujours pendant le dîner, source de conflit quand un aliment de couleur verte fait son apparition dans son assiette.

Zaza : "A taaaaaabblleeeeuuuuu!!! Je t'ai préparé une bonne purée de courgettes"
Nain, repoussant délicatement son assiette : "Nan, aime pa la courgette. Trop cho"

C'est parti. Selon mon humeur, le ton change et je vous laisse piquer au hasard la réplique qui sied le mieux à ce type de situation...

Ferme et résolu : "Si! Tu vas manger ta purée un point c'est tout!!"

Promotionnel : "Mais la courgette c'est très bon pour la santé! C'est plein de vitamines F!"

Doucereux : "Allez mon chéri, Maman va te faire un gros câlin pour te motiver"

Mensonger : "Tu n'aimes pas la courgette?? Pourtant, Papa et maman adôôôôôrent ça!! On en mange tous les jours!!"

Aérien : "On fait l'avion avec la cuillière?? Vvrraaaoouuummm, attention l'avion va entrer dans le hangar!! Vrraoouuummm!!"

Vicieux : "Si tu manges pas ta purée, tu n'auras pas de dessert, pas de chocolat, pas de flanby, pas pas pas!!"

Bucolique : "Mais tu vas l'avaler cette putain de purée de merde???!!"

Subtil : "Si tu manges ta purée, tu pourras regarder Dora après le dîner!"

Syndicaliste : "Dis donc, je vais pas m'amuser un refaire un plat pour te satisfaire! Je suis pas ton larbin!"

Menaçant : "Attention à toi! Si tu ne manges pas ta purée, je vais sortir la boîte à coups de pied aux fesses!"

Distrayant :"Rooo mais regarde dans ton assiette! Il y a Barbapapa caché sous la purée! Il arrive plus à respirer! Il faut le sortir de là!"

Boudeur : "Si c'est comme ça, je ne te parle plus et je te laisse tout seul face à ton assiette!"

Sacrificiel : "Mais elle m'a l'air très bonne cette purée pourtant! Regarde, Maman va goûter.... Mmmmmmmm, c'est absolument dé-li-cieux"

En équipe : "Bon, j'appelle Papa... Viens m'aiiiiider!! Il veut pas manger sa purée!! Bon, toi, tu lui bouches le nez pendant que j'enfourne la cuillère dans sa bouche!"

Coloré : "Et Hop!! Regarde un peu ce que j'ai caché dans ta purée! Des smarties!! Allez, il faut aller les récupérer!"

Radical : "OK. J'ai compris. J'appelle les flics, tu vas découvrir les cantines en prison et tu verras qu'elle aura un autre goût ma purée de courgettes"

Larmoyant : "Baeeuuuhhhhh!! Tu ne veux même pas faire plaisir à Maman!! Bbeeeuuheuheu"

Je vous épargne le couplet sur les enfants qui meurent de faim dans le monde, le PC allumé avec Dora et Babouche en fond d'écran (Nain fait partie des enfants qui ouvrent systématiquement la bouche avec un air ahuri devant un écran), les parents qui se voient obligés de finir la dite-purée pour la remplacer par le plat de nouilles et le désarroi qui s'empare de nous après chaque repas.

Pire encore, selon les dires des autres personnes qui ont eu la joie de le nourrir, Nain mange parfaitement bien tout seul et sans broncher quand je ne suis pas dans les parages.

Il doit aimer quand je fais de la poésie, c'est sûr...

vendredi 11 juillet 2008

Comme une boule de flipper

On aura beau dire, organiser des vacances, c'est l'enfer... Surtout quand on part en couple...

Quand j'ai commencé à gagner un peu d'argent (et par là même une certaine indépendance), je sillonnais seule la France à la recherche de lieux sympathiques où squatter. En vérité, je me retrouvais toujours chez des copains qui avaient la générosité de m'ouvrir les portes de leur maison de vacances (enfin, plutôt celle de leurs parents): entre la villa à trebeurden, la chalet à Val d'Isère, l'appartement à St-Jean-de-Luz, le château en Touraine, la demeure ancestrale en Lozère et la maison de pêcheurs en Corse, je n'ai eu que l'embarras du choix avec pour seules dépenses le trajet en voiture ou en train et de quoi picoler au Bar de la Plage. Ea-sy.

Puis, Mari est arrivé dans ma vie. Et il a fallu faire des concessions.

Tout d'abord, il a accepté de passer la moitié de ses vacances avec mes copains : abandonné au milieu d'une bande de lourdingues qui ressassent infiniment les épisodes peu glorieux de leur passé, ça passe une, deux, trois fois, mais pas plus. Mari, ce qu'il voulait, c'est passer des vacances en a-mou-reux.

"Très bien mon Adoré, lui ai-je dit. Partons au soleil nous dorer sur une plage romantique!"

Or, Mari, il aime pas la plage. Il s'emmerde. De plus, sa texture de peau n'est pas vraiment adaptée au soleil. Mari ne bronze pas. Il crame. Et je ne compte plus le nombre de tubes de Biafine que j'ai du utiliser pour lui rendre un aspect humain.

"Soit mon Pauvre Canard, lui ai-je dit. L'année prochaine, nous partons au ski."

Or, à l'époque, la seule possibilité pour nous de partir au ski, était de squatter l'appartement que louaient tous les ans.... mes parents... et mes frères et soeurs se joignaient à nous dans un brouhaha incessant. Au bout de 3 ans, Mari a commencé à insinuer que, comme il avait accepté de passer des vacances avec MA famille, il était temps que je passe moi aussi quelques jours dans la maison de campagne de SA famille.

" Bien entendu mon Ange, lui ai-je dit. Partons l'année prochaine en Touraine."

Or, le problème de la Touraine, c'est que les travaux avancent lentement. Très lentement. Les premières années, nous devions partager à 5 une salle de bains qui se trouvait à l'autre bout de la maison, chausser des bottes pour aller dans le jardin qui ressemblait plutôt à une forêt d'orties et la cuisine était peu avenante. J'ai donc passé ainsi mes vacances à décoller du papier peint et arracher des orties à mains nues.

" Dis-moi mon Aimé, lui ai-je dit. J'aime bien le bricolage, mais à petite dose. N'est-il pas envisageable de partir se détendre tous les deux, sans copains, sans famille, sans bricolage et sans grain de sable?"

"Bien sûr ma Douce, m'a t'il répondu. Je te laisse organiser nos vacances de l'année prochaine!". Phrase typiquement masculine.

Et puis entre-temps, je suis tombée enceinte.

Or, quand on tombe enceinte, on nous colle un paquet de restrictions : plus de scooter, pas de voiture plus de 2h00 d'affilée, pas d'avion le dernier mois (Nain est né début septembre comme vous pouvez vous en douter....), pas de voyage en train trop fatiguant, pas de plongée, pas de ski non plus, rien de rien!! Résultat, j'ai passé mon été avachie au bord d'une piscine dans le fin fond de la Lozère. Incapable de bouger.

" Ohh mon Eternel Amour, m'inquiétais-je, crois-tu que nous pourrons un jour nous défaire de Notre Divine Progéniture pour partir enfin vers une destination de rêve?"

" N'ai crainte ma Raison de Vivre, me disait Mari. Quand tu auras accouché, nous nous accorderons de vraies vacances bien méritées, rien que tous les deux"

J'attend toujours....

dimanche 6 juillet 2008

Embellissements

Notre week-end parisien a été marqué par deux grands événements : le mariage d'amis très proches et le baptême de Nain.

Je saute généralement sur ce genre d'occasion pour sortir mes plus beaux apparats, enfiler de jolis souliers, faire péter le châle assorti, les bijoux bling-bling, le sac en satin qui doit contenir les clopes, le portable, la brosse, les clés, la trousse à maquillage en cas de dérapage, le porte-monnaie, l'appareil photo et une paire de tongs (j'ai tenté le sac à dos mais c'est pas très esthétique malheureusement). Oui, TOUT CA à caser dans un petit sac car Mari, lui, il peut rien porter et ses réflexions me font sourciller : "Ca va déformer mon costard!", "J'ai déjà plein de trucs dans mes poches!", "T'as VRAIMENT besoin d'emmener une brosse à cheveux alors que tu sors de chez le coiffeur?".

Non, Mari n'a toujours pas saisi que si mon petit sac est bourré à craquer, c'est parce qu'il me charge comme une mûle : "T'as pensé à prendre l'appareil photo? Je peux mettre mes clopes dans ton sac? T'as un briquet non? T'oublieras pas de garder le livret de messe hein? Tu as pensé à prendre un biberon d'eau et des gâteaux pour Nain? Et un jouet aussi hein? Au cas où il s'emmerde..." Je me retrouve ainsi à trimballer un fardeau de 15 tonnes où s'entrechoquent toutes ces bricoles dans un joyeux bordel.

Mais tout ceci me passe au dessus de la tête : à force d'enchaîner ce genre de festivités, nous avons perfectionné notre mega-organisation jusqu'à maîtriser le timing alloué à chacun pour se préparer.

Car voyez-vous, le gros souci de se mettre en couple, ce n'est pas forcément de se faire réveiller en pleine nuit par d'ignobles ronflements ou de retrouver dans le panier à linge des dessous ravagés par un contact trop prolongé avec des parties du corps qu'il vaut mieux éviter de renifler. L'arrivée de Mari a complètement chamboullé ma vie quand s'est posé le problème de l'utilisation de la salle de bains (cuvette à popo incluse). MA salle de bains. Nous sommes ainsi obligés de définir un mini-planning afin que nous puissions nous pomponner sans être dérangés pour le tambourinement de l'autre ponctué d'un "T'as finiiiii??!!!" exaspéré.

Je m'adresse ansi directement aux quelques mâles fidèles à ce blog que j'entends déjà conspuer la gente féminine sur le temps infini que nous pouvons passer dans une salle de bains.

Oui, nous aimons parfaire nos corps de déesse, penchées attentivement au dessus du lavabo, à détruire toute trace de poils rebelles qui ont eu l'audace d'élire domicile entre les sourcils, sur la moustache ou dans les narines (Remarquez avec quelle élégance j'omets de citer ceux planqués entre le genoux et la colonne vertébrale...). Mais vos grognements m'indignent quand je réalise le temps que Mari passe au dessus du-dit lavabo à raser ses petits poi-poils, puis tailler sa barbe aux ciseaux en rectiligne, s'asperger d'after-shave pour ensuite s'attaquer aux points noirs.

Mari fait trrrrès attention.

Cessez donc de nous assommer avec vos préjugés masculins et prenez également le temps de vous embellir pour que nous n'ayons pas nous réveiller un jour à côté d'un gros tas de lard mal rasé... Merci...

jeudi 26 juin 2008

Cas de Force Majeure

En tant que Femme au Foyer, on peut aisément penser que j'ai beaucoup de temps libre.

Bien entendu, vous trouverez toujours des non-parents bienveillants et enthousiastes pour clamer avec vigueur que Oui, être Maman Full-Time, c'est du boulot, alors qu'au fond d'eux-mêmes, ils n'en sont que mollement persuadés... En effet, je ne suis pas obligée de passer des heures collée à un ordinateur pour remplir des objectifs qu'un chefaillon tendance nazillard me collerait sur le dos.


Or, le Temps Libre, de manière absolue, ca consiste en quoi?


Selon son caractère ou ses goûts, les façons de combler son temps libre sont nombreuses : glander au lit avec un bon bouquin ou tout simplement y rêvasser, faire de longues ballades agrémentées de pause cappuccinos sur un banc constellé de crottes de pigeon, mater les rediffusions de la Nouvelle Star, arpenter les magasins aux heures de pointe; certains poussent même le vice à organiser des sorties culturelles ou ... faire du sport... Chacun son truc...

Ca, mes cocos, c'est du temps libre : le genre de trucs que vous, braves travailleurs sans enfants, faites le week-end ou les jours bénis de RTT.

Avant l'arrivée de Nain, Mari et moi avions une très haute conception de la façon de profiter de nos week-ends. Applatis comme des étoiles de mer au fond de notre lit, nous pouvions passer des heures à lire des BD, jouer à la PS2, faire mumuse avec Internet, tout ça sans mettre le nez dehors... Sauf en cas de force majeure... En effet, nous devions parfois nous extirper de notre antre malodorante pour remplir notre estomac, acheter des clopes et avoir un semblant de vie sociale. Et puis un jour, Nain est arrivé dans notre vie et a pris place dans notre caverne : "Bienvenue Young Padawan, tu vas découvrir avec tes parents, l'Art Ultime de la Glande".

Or, le problème des enfants, c'est qu'ils sont incapables de glander... J'ai même parfois l'impression que Nain gobe des acides en douce : de 8h00 à 20h00, c'est du non-stop.

Pour bouffer son temps d'énergie (et par là-même user le mien), je l'ai donc inscrit à plusieurs ateliers : Foot (http://www.kiddikicks.co.uk/), Piscine (http://www.aquababies-uk.com/), Stimulation en Groupe (http://www.crechendo.com/), sans compter les ateliers musique à l'église et la Crèche Multi-Culturelle (http://www.lloydwilliamsonschools.co.uk/). Ca, c'est pour mes petites camarades londoniennes en manque d'inspiration pour occuper leurs mouflets...

Et bien malgré tout, ces activités ne sont pas suffisantes... Et vas-y que je fais de la trotinette pendant 1h00, que je fais 47 fois le tour du même arbre, que je me tape des sprints, que je saute à pied joints dans les flaques, que je colle des roustes aux copains, que je m'entraîne au lancer de poids avec tout ce qui traîne, que je me vautre, que je me relève, tout ça en poussant des cris.

Et le problème, c'est que :

1. On ne peut pas laisser un enfant de 2 ans faire ça sans surveillance : faut lui coller légèrement aux basques si on ne veut pas qu'une catastrophe arrive et qu'on se retrouve lapidée au parc par des mères indignées.
2. On ne peut pas non plus laisser un enfant s'ennuyer... C'est trop glauque à regarder...

J'ai pourtant maintes fois essayé de lui apprendre la délectation pure de rester pépère sans rien faire...

Zaza (2 de tension) : "Dis-moaaaa, tu veux pas lire une petite histoire avec maman, là , dans le lit?"

Nain (shooté) :"Nan-nan, vélo, vélo, train, train, voiture, car"

Zaza (chantage affectif) : "Et un petit câlin avec maman, tout doux-tout gentil, ça te dit pas?"

Nain (high) :"Nénette Parc"

Zaza (sursaut): "Quoi??? tu veux retourner faire de la trotinette au Parc??!! Mais on a déjà passé 1h00 au parc ce matin? Tu préfères pas jouer tranquillou avec TON train dans TA chambre au lieu de ME faire ch.....aud au coeur?"

Nain (dans le cosmos) : "NENETTE PARC!!!!"


Je referme mon livre avec rage et dois lever mon gros derrière si bien installé dans le canapé pour me retaper une sortie ultime au parc où je vais, une fois de plus, traîner de la patte derrière un missile. Car voyez-vous, avoir un enfant, c'est vivre avec un Cas de Force Majeure qui m'éloigne au fur et à mesure de mon Temps Libre.

Dieu Merci, Télévision est là pour neutraliser le CFM sus-cité...

dimanche 22 juin 2008

Investigations

Je viens de me plonger avec délectation dans la lecture de la fameuse trilogie "Millenium" : un bon polar issu de la patrie d'Abba (Amen...) où les gentils sont très très intelligents et les méchants très très tordus. Donc, les très très gentils démasquent les plans foireux des très très méchants en menant des investigations poussées et en faisant subir des interrogatoires menés avec brio (et sans violence surtout hein?) aux moyens méchants.

Ce dernier point me fait d'autant plus sourire que je suis moi-même l'objet d'interrogatoires quotidiens.

N'allez pas croire que je mène une double vie de psychopathe (même si certains jours, on frôle l'infanticide). Non, j'ai une vie pépère à la maison avec Nain, les copines et mon Vaio, mon emploi du temps reste assez figé et les jours s'égrainent ainsi tranquillement sans qu'on vienne m'emmerder.

Et pourtant, TOUS les jours, Mari m'appelle pour connaître l'exacte composition de mes journées. Pire que ça : il me trace. Je ne répond pas sur la ligne fixe? Dring dring, la seconde d'après mon portable sonne. Je ne répond pas sur mon portable? Glop glop. Petit message instantané sur Skype (remarquez, maintenant, je lui ai interdit d'utiliser ce logiciel de malheur). Je ne répond pas sur Skype? Retour à la case départ, puis solution ultime : il appelle sur le portable des copines... (Petit Voisin Chéri fait ça aussi!).

Difficile d'échapper à sa traque, il finit toujours par me joindre et il finit donc TOUS les jours à m'imposer son interrogatoire.

Mari : "T'es où?" Indice de lieu

Zaza : "Dehors"

Mari : "Et tu fais quoi là?" Indice d'action

zaza : "Ben je marche"

Mari : "Tu es avec ton fils?" Recherche d'alibi

Zaza : "Soupir. Il est 16h00, tu sais très bien que ton fils ne va pas à la crèche aujourd'hui, donc oui, je suis avec ton fils"

Mari : "Il va bien?" Insinuation 1

Zaza : "Soupir. Je n'ai pas encore décidé de lui amputer les bras pour qu'il arrête de balancer tous ses jouets, donc oui, il s'est bien éclaté ce matin"

Mari : "Et... il a bien déjeuné?" Recherche d'éléments annexes

Zaza : "Soupir. Ecoute, tous les jours, c'est jambon-coquillettes, ca plante jamais donc OUI, il a bien déjeuné!"

Mari : "Et après? Il a fait une sieste?" Commencer à mettre un peu la pression

Zaza : "Boarf... Pas vraiment mais il est resté tranquille..."

Mari : "Hoo, pauv bébé! Réaction empathique pas du tout professionnelle. Et vous allez où comme ça?" Indice de direction

Zaza : "Dans ton c...!!"

Et là, voilà, je perd mes moyens. Je craque. Si jamais je devais passer un interrogatoire dans une affaire quelconque, j'irai direct en Salle de Relaxation avec des matelas collés au mur. Je sais que Mari est très soucieux de savoir ce que nous faisons de nos journées et il attend une réponse directe et précise à toutes les questions qu'il me pose. Je ne collabore que mollement...

Mari : "Je t'emmerde là non?" Question pertinente

Zaza : "Maiiis nooon! Mais on se voit dans exactement 3h30, d'ici là, le monde ne va pas s'écrouler, nous ne vivons pas dans une zone dangereuse avec des sadiques à tous les coins de rue, ton fils et moi sommes en parfaite santé, donc arrête de m'appeler pour me poser toujours les mêmes questions!"

Mari : "Mouais. OK". Coupable. Coupable. Coupable.

Bref, Super Investigateur raccroche et mon corps stressé tremble de toutes parts. J'ai perdu mon sang-froid et j'attend avec angoisse le soir où il rentrera avec des menottes.

Parce que là, je sens que je vais passer un sale quart d'heure...

jeudi 19 juin 2008

Happy Birthdays

Aujourd'hui, Grand Frère m'a flanqué 1 gros coup de taser via Skype... enfin... plutôt 2...

Grand Frère : "Ben aloors?? Zazainlondon?? La dinde? Une seule entrée pour le mois de Juin!!"

Zaza : "Ch'uis débordée"...
Délectez-vous de ce pieu mensonge... Devoir avouer que l'arrivée du Printemps a fait pousser le poil que j'ai dans la main en un magnifique sequoia n'est pas mon genre. Non non non. Je préfère de loin fabuler sur une vie trépidante que d'admettre être une énorme feignasse.

Grand Frère : " Ouais. T'as même oublié mon anniversaire! Magnifique..."
Rrraaa, il m'a grillée!! Damned! Mon frère n'ayant pas moins de 6 soeurs, je pensais me planquer en douce derrière les nombreux appels qu'il a du avoir...

Zaza : "Heuu.. je t'ai envoyé un texto!"
Et pan. Le coup du sms envoyé en lousedé, ça marche à tous les coups.

Grand Frère : "Le 18 tu l'as envoyé! Pas le 17!"
Ben dis donc il s'arrange pas avec l'âge le frérot. Voilà qu'il scrute son calendrier comme une mémé...

Grand Frère : "Ton cadeau, ca sera une entrée (caustique et ironique) dans ton blog!"
Ca, je sais ce que ca veut dire... Ca veut dire : "Tu seras bien gentille de pas m'offrir une merde comme les rares années où tu as pensé à mon anniversaire. Je préfère de loin lire tes âneries que d'être obligé de m'extasier de bonheur devant un T-shirt moulant avec un chien dessus!". Oui, car ce n'est un secret pour personne, Grand Frère a un amour immodéré pour les chiens, même les plus repoussants... Je vous le dis, il s'arrange vraiment pas avec l'âge.

Donc, au final, me revoilà devant mon blog que j'ai honteusement abandonné durant quelques semaines, tout ça pour satisfaire les exigences du Dommage Collatéral (je parle de Grand Frère).

Personnellement, j'adore les anniversaires. Ils sont sans surprise et j'aime ça.

Premièrement, ça tombe toujours à la même date. C'est assez pratique de savoir que 1 jour par an, je serai le sujet de toutes les attentions ("Oubliez surtout pas l'anniversaire de zaza, elle va piquer une crise sinon!!").

Deuxièment, c'est quand même sympa de recevoir des cadeaux chaque année alors qu'on s'est juste donné la peine de naître. C'est toujours avec fébrilité que j'ouvre les cadeaux de ma Mère, elle ne se plante jamais : dans le lot, je sais que je trouverai une théière en forme de cochon, un petit top de chez Zara taille 42 ("Ohhh, je me suis encore trompée de taille??! Tu fais du 38??! Ha bon...") et un petit collier en toc "mais têêêêllement ravissant". Mais, cette année, j'ai aussi eu droit à un plateau de service en plastique représentant un cerf (??) entouré de feuillages (???). "C'est pour servir le thé. Comme tu habites à Londres, tu dois boire du thé non?". Décidemment, j'aime pas les surprises.

Troisièmement, ça permet aux amis de se rappeler à votre bon souvenir. "Ouais zaza, happy birthday! Tu noteras que le mien c'est dans 3 semaines hein?". Je note, je note. Puis j'oublie, j'oublie. A moins d'avoir Oultook greffé dans le cerveau, il est impossible de se rappeler des anniversaires de toutes les personnes qui composent votre nébuleuse sociale et familiale. Et puis surtout... ça fait moins de cadeaux à faire.

Mais j'y pense, Nain va fêter ses 3 ans au mois de septembre et j'ai cru comprendre que je devais lui organiser un anniversaire, pour compléter l'album souvenir. J'ai toujours fêté son anniversaire en petit comité (Moi, Mari, Nain), j'aime bien l'intimité et rien que l'idée d'avoir 15 enfants à la maison qui jouent au concours de "celui-qui-fera-la-meilleure-imitation-de-la-réincarnation-de-Lucifer-sur-Terre" me flanque une frousse pas possible.

Mais là, pas moyen d'y échapper, il va comprendre qu'il y a un truc qui cloche et j'ai surtout pas envie qu'il vienne me voir un jour, avec son regard abattu en me sortant "Dis-moi Maman, pourquoi j'ai jamais eu d'anniversaire avec mes copains?"... "Mmmm... Parce que Maman, ça la gonfle??" Non, non, non... Je peux pas faire ça. Allez, les amis, je l'annonce haut et fort, rendez-vous à Hyde Park mi-septembre. Venez avec vos marmots, y'aura des ballons, des smarties, du champagne et je vais bien réussir à trouver un clown-jongleur pour faire peur aux enfants!!

PS : Oubliez pas les cadeaux...



Comme vous pouvez le constater, Grand Frère maîtrise mieux l'expression extatique de

La Joie de Recevoir un Cadeau

jeudi 5 juin 2008

Enfant, entends la voix du Seigneur

Notre séjour parisien s'est achevé en beauté par le très émouvant mariage de 2 de nos énergumènes qui forment notre joyeuse bande londonienne.

Rassurez-vous, je ne ferai pas de laïus cyniques sur les serviettes qui tournent, les discours interminables, le DJ qui ne passe que des remix, les nymphomanes (filles comme garçons) qui allument sans beaucoup de discernement ou les videurs qui sont obligés de raccompagner, à coups de pied au cul, les 20 derniers alcoolos qui ne se décident pas à déskotcher du bar. Je tiens cependant à passer un petit message au directeur du Jardin d'Acclimatation où s'est déroulé le mariage : nous offrir la possibilité d'organiser des fêtes dans un endroit aussi magique est certes très louable, mais tout de même... c'est complètement inconscient de laisser vos pauvres animaux à la merci d'une bande d'ivrognes lobotomisés...

Mais revenons à nos moutons....

Ce mariage était également l'occasion pour nous d'assister pour la toute première fois à une messe oecuménique: je ne ferai pas plus longtemps étalage de mon inculture mais pour ceux dont le cerveau s'apparente à une quiche, il s'agissait d'un mariage protestant. Comme vous le savez, Nain n'est toujours pas baptisé. C'est Mari qui organise. Moi, je me contente de ricaner bêtement dans mon coin.

Nous avons tout de même souhaité l'emmener : "45 minutes max les cocos!" nous avait promis le marié. Mouais, ca devrait aller : 2 compotes, 2 paquets de gâteaux, un peu d'eau et Mari en back-up, je peux facilement neutraliser Nain pendant plus d'1/2 heure. Parce que avouons-le, des enfants qui braillent pendant une messe, c'est assez pénible (même quand on ne suit rien).

La mariée arrive enfin, tout le monde se rassoit : j'ouvre alors le buffet.

Accueil par le Pasteur : slurp, 1ère compote...

Chant de transition : slurp, 2ème compote...

Lecture : allez, j'ouvre délicatement le 1er paquet de gâteaux que Nain m'arrache des mains avec avidité. Scrounch, scrounch. "A pu gâto". "Oui, ben ca devrait aller là non?"

Nain se rassoit (euh oui, j'ai oublié de préciser qu'il a pris son goûter par terre), observe avec attention les vitraux et chuchote à mon oreille de regarder les étoiles qui tapissent le plafond. Haaaaa, quel soulagement de savoir que mon fils n'est pas insensible à la majesté de lieux sacrés!!

Le prêche peut commencer, tout est un-der-con-trol...

Et puis voilà, c'était trop beau pour être vrai. Nain baisse la tête pour réussir à attrapper son zizi et découvre... avec stupeur... que oui... il reste encore 1 paquet de gâteaux... Mmmmerrrrddeeeuuuu.... Trop tard, impossible de le cacher en vitesse, nous sommes en plein sermon, à quelques mètres des mariés, je suis obligée de dégainer mon arme secrète avant que le ton monte. Je décoche mon plus large sourire à mes voisins de rangée et agite les-dits gâteaux sous le nez d'un Nain en transe. Scrounch-scrounch, z'ont pas fait long feu les biscuits...

Bilan de l'opération "neutralisation à la messe" : nous n'en sommes qu'à la moitié de l'office et Nain entame déjà la phase 1 du nervous breakdown. J'ai épuisé toutes mes réserves de nourriture, nous sommes coincés au milieu d'une tranchée, les regards désapprobateurs fusent et Mari, mon seul allié possible, parti à la rescousse d'un témoin qui n'arrivait pas à garer sa voiture, n'a pas pu nous rejoindre avant que ne commence la cérémonie.... Cruel destin...

A la messe comme à la guerre, je rassemble mes forces, retiens mon souffle, prend Nain sous le bras, soulève ma robe jusqu'au genoux et tente une sortie ultime. Hurrreeeyyy!!! Victoire!!! Nous nous extirpons du rang la tête haute pour filer direct au fond de la salle où je retrouve Mari et d'autres parents aussi vernis que nous.

Je ne voudrais pas être pessimiste, mais si Nain se fait bientôt baptiser et qu'il doit rester en place plus de 45 minutes, va falloir prévoir un bon stock de bouffe.... à défaut d'une bonne éducation...

mardi 27 mai 2008

Les Trésors de la Mer

La Normandie.

Dès les premières inspirations, je sens déjà l'air salin caresser mes narines. Pas un gramme de pollen à l'horizon (il ne fait pas le poids au bord de la mer ce freluquet...), un soleil franc et le taxi qui m'attend pour m'emmener à l'hôtel. Pas le temps de vider le minibar et zapper sur toutes les chaînes offertes, j'enfile mon maillot et mes tongs et fonce direct à la Thalasso où m'attendent mes petites masseuses pour une cure Detox.

Description :

"La pollution, le stress, la fatigue marquent votre visage de façon visible?". Ouais. L'alcool, la cigarette, la totale absence d'activité sportive et Nain qui a sauvagement raccourci son temps de sommeil aussi.

"La cure Detox “visage “ et “corps” vous permet de vous ressourcer et d’éliminer les toxines de votre organisme le temps d’un week end (2 à 3 jours)". Bon, si je comprend bien, en 2 jours, je peux espérer retrouver un semblant d'éclat sans avoir à chambouler mes mauvaises habitudes.

J'ai certes une vision assez restreinte de la Thalasso : on arpente les couloirs en peignoir avec des sandales en plastique qui font flop-flop, au milieu de sexagénaires fripées qui sautillent au milieu de la piscine comme dans un bain de jouvence. Bref, on me plonge d'abord dans un bain d'algues, on me badigeonne d'une crème verdasse, on m'enveloppe dans une espèce de couverture opaque, on extirpe difficilement les points noirs qui constellent mon nez, on gratoune mes peaux mortes aux sels marins, tout ça sur un fond de musique péruviennes à la flûte de pan.

Tiens, tiens, et si j'en profitais pour faire un petit bain de soleil? Je monte au solarium où je retrouve mes petites sexa et là, VLAN, je laisse tomber mon peignoir pour dévoiler avec arrogance mon corps de trentenaire à la peau dorée. Hin hin hin...

J'admire cependant ces femmes coquettes qui, malgré l'âge, continuent de prendre soin d'elles, se pavanent en maillot de bain et s'enduisent de crèmes anti-âge à gogo. Mais sans illusions, juste pour le bonheur de se faire plaisir, conserver sa féminité sous les doigts de mains expertes et huileuses.

Allez, promis, l'année prochaine, j'y retourne avec ma mère pour une cure anti-cellulite!

jeudi 22 mai 2008

De l'air, de l'air, de l'air!

Nous voici donc de retour en France pour quelques jours. Pendant que Mari enchaîne réunions sur réunions dans des salles maculées et climatisées, je passe mes journées à cavaler entre Paris et la Banlieue.

En effet, quand Nain vient à Paris, il a un emploi du temps assez chargé. Le divin enfant n’étant pas encore capable de prendre les transports en commun tout seul, je dois me mettre à sa disposition pour sa tournée des Grands Ducs. J’abandonne ainsi quelques jours ma douce vie londonienne pour la remplacer par des trajets incessants entre les grands-parents, la valise à bout de bras, Nain accroché à mes tongs, le siège-auto que j’aggrippe entre le majeur et l’index, le sac heureusement en bandoulière et de belles auréoles sous les aisselles.

Mais cette fois-ci, j’ai décidé de fuir mes obligations.

J’ai rassemblé les quelques morceaux d’égoïsme que j’avais malencontreusement éparpillé depuis mon accouchement et ai décidé qu’il était temps que l’on s’occupe de moi. Cela m’a paru comme une évidence la dernière fois que je me suis regardé avec honnêteté dans la glace : un corps flasque, le visage terne et cerné, la poitrine tombante et quelques cheveux blancs! «Ressaisis-toi ma grosse » hurlait mon corps tout entier, faisant onduler avec vigueur mes poches de graisse.

Le problème, c’est que je suis incapable de prendre soin de moi plus de 10 minutes. Pour cela, il faut :
1. Que je sois dans un environnement calme, c’est-à-dire sans cris, sans « Maammmmaaaan», sans téléphone strident et sans Dora.
2. Que la maison soit impeccable, c’est-à-dire ni repassage, ni lessive, ni nettoyage, ni vaisselle à faire (quasiment impossible).
3. Que je n’ai pas de mission impérative à court terme tel que préparer les repas, faire les courses, payer les factures et écrire mon blog.

Personnellement, je n’ai JAMAIS réussi à cumuler ces trois conditions. Résultat : pas terrible.

Je m’évertue tous les jours à remplir correctement mon devoir d’épouse fidèle et de mère attentive mais sans m’en rendre compte, j’ai bouffé mon énergie inutilement. Dans cette belle quête qu’est la recherche du bonheur, j’ai mis la barre trop haut au sein de notre micro-famille et je supportais difficilement la moindre erreur. Mes exigences allaient bien au-delà du raisonnable : il fallait que nous formions une famille parfaite (alors que je sais per-ti-nem-ment que cela n‘existe pas…). J’y ai finalement perdu un peu de spontanéité, de légèreté et surtout de la confiance en soi.

Pas le choix. Si je veux retrouver un peu de superbe, respirer autre chose que du popo et m‘éloigner du chemin qui m’amène tout droit au despotisme familial, il faut que je change d’environnement.

J’ai donc troqué mon tablier de bobonne pour… un maillot de bain!
Et hop, 3 clics sur voyages-SNCF.
Envie de voir la mer? :Oui.
Week-end ou court séjour? : Ahhh, que la tentation est forte! Mais non, ça sera 3 jours-2 nuits… Tant pis…
Supplément Thalasso? : Oui.
Nombre de voyageurs :1
Nombre d’enfants : 0 (enfin si, j’en ai 1... Mais je viens pas avec!! Ouaiiiis!!)
Etes-vous sûre? : Grave

Au diable Mari câlidégoulinant et Nain qui ne fait plus de sieste, JE-ME-CASSE, direction Deauville, le temps y est radieux et je ne risque pas d‘être envahie par cette foule vulgaire qui s‘embouchonne tous les vendredi soir sur l‘A13.
Mari et Nain arriveront bien à survivre sans moi pendant 3 jours et ma mère est en back-up. Et puis, avouons-le, Deauville n’est qu’à 2h00 de Paris en train. En cas de catastrophe, je peux toujours grimper dans le premier Corail à défaut de pouvoir voler comme Superman au secours du pauvre petit.

Le jour du départ arrive. Je monte dans le train et me retrouve dans le seul compartiment bourré à craquer du wagon. Dans le lot de mes compagnes de voyage, se trouve une jeune femme voyageant avec son fils d’à peu près l‘âge de Nain. L’adorable enfant se tient à merveille et parle avec aisance. J’envie cette femme qui va partager ses quelques jours de repos seule avec son enfant. Je ne peux réprimer une boule de nœuds dans mon cœur : j’ai abandonné mon fils, je n’aurais pas du, il aime tellement la mer… Et puis vient la délivrance : l’adorable enfant se mue d’un coup en Antéchrist, donne des coups de pieds à sa mère et se met à hurler qu’il aime pas la banane.

Ouf. J’ai bien failli regretter de partir seule.

mardi 13 mai 2008

Le rouleau du printemps

Je vous sens exaspérés.

15 jours sans une seule ligne. Ca y est, c'est la mort de ce blog. Zaza a égaré son cerveau, son inspiration et vous vous demandiez s'il n'était pas temps de trouver un autre moyen de divertissement pour assaisonner votre déjeuner-sandwich-devant-l'ordinateur.
Mais voyez-vous, le printemps est une période que je redoute encore plus que les cheveux blancs et la cellulite (j'en ai pas, cherchez pas).

Pour vous tous, cette soudaine canicule est synonyme de terrasses ensoleillées, de ballades bucoliques en tongs, de pique-niques pantagruéliques, de barbecues improvisés avec une boîte de sardines, de jardins fleuris... Bref, un petit aperçu des vacances où jeunes femmes épanouies se balancent en mini-jupe et jeunes hommes bien bâtis osent le marcel mouillé.

Je le vois bien sur vos visages radieux et cramoisis : vous aimez le printemps.

Et bien pour ma part, cette saison marque le début d'une lente descente aux enfers. L'enfer de l'allergie. Parce que le pollen et moi, on est pas copains. Mais alors pas copains du tout. Et les symptômes sont d'une rare violence.

Il m'est impossible d'aligner 3 mots sans éternuer et asperger mes interlocuteurs de quelques restes de nourriture projetés à leur visage à 300 km/h. Mes narines ressemblent à 2 geysers en activité, je passe mes journées à éponger ce flux incessant et tout ce qui se trouve à portée de main y passe : mouchoirs, sopalin, nappe, torchon, T-shirts du panier à linge sale, PQ (de là à me planter 2 tampax dans les narines, il n'y a qu'un pas à faire....). Je passe mon temps à me démanger les yeux rougis par tant de haine, en perd mes lentilles au passage pour au final me retrouver tel un lapin myope et albinos, errant dans la rue à la recherche d'un endroit climatisé.

Avant donc d'être maman, je passais ainsi mes semaines enfermée à double tour, agonisant dans mon lit au mileu d'un amas de mouchoirs sales, shootée aux antisthaminiques qui m'abaissait à l'état de légume, incapable d'avoir une vie sociale normale et priant le ciel d'abréger mes souffrances en déversant quelques gouttes de pluie.

Or, Nain, quand il fait beau comme ça, il en peut plus. Il VEUT sortir au parc. Nain adore les fleurs, les oiseaux qui chantent, le soleil qui tape, l'ombre des arbres qui ondule et les chiens qui se reproduisent. Et puis surtout, Nain aime bien porter des marcels et faire pipi contre un arbre sans se geler les raflouquettes. Comment résister à un enfant aux yeux remplis d'excitation à l'idée de courir dans la nature? Comment ne pas être attendrie par cette soudaine liberté d'être que procure les premières chaleurs printanières? Comment voulez-vous rester au lit à attendre la fin du monde quand votre fils vous saute à pieds joints sur l'estomac?

Je n'ai pas d'autre choix que d'extirper mon corps malade de son écrin à microbes pour lâcher le fauve à l'attaque de la verdure. Et hop, 2 cachets avalés en vitesse, un coup de blush sur la patate cramoisie qui me sert de nez, 4 paquets de mouchoirs dans le sac, pshhit-pshhit du sinomarin dans les naseaux et me voilà prête à affronter mon pire ennemi.

Vole, vole petit pollen. Savoures tes journées de liberté, tu es définitivement le roi du printemps et le pauvre humain que je suis m'incline devant tant de puissance... mais encore quelques mois et l'hiver arrivera. Et là mon pote, tu vas t'en prendre plein la gueule.