vendredi 14 juin 2013

Des variations culinaires

Le drame de ma vie, c'est ce que je manque d'inspiration...

Je m'habille toujours de la même façon (un jean, des converses, un pull gris, une culotte)
Je sors toujours aux mêmes endroits (même pub et même dim-sum place qu'en 2007)
Je regarde toujours les mêmes films (grosses productions US sauce bourrin extraterrestre)
J'écoute toujours le même style de musique (MTV unplugged en boucle)
Je change peu de destinations de vacances (la Bretagne, la Touraine, la Lozère, yeaah)
Je me tape toujours le même mec depuis 12 ans et mes meilleures copines se farcissent mon rire gras depuis la 6ème (soit 25 ans d'une amitié inébranlable)

De Paris à Londres, de Londres à New-York, je maintiens ces habitudes qui m'accompagnent au gré du vent et des vols transatlantiques, elles forment un ensemble de repères dont j'ai besoin pour me sentir en sécurité.

Mais là n'est pas le sujet...

S'il y en a bien 2 autres qui manquent aussi d'inspiration, ce sont les Nains... surtout en ce qui concerne la nourriture. Je ne sais pas si les vôtres sont pareils, mais les miens, ils kiffent moyen les découvertes culinaires... Happée par ma mauvaise conscience, j'ai essayé plusieurs fois de leur faire goûter des aliments différents, plein de vitamines tout ça, je cherche des recettes sur Internet, je sonde les copines pas trop manchotes avec une spatule etc...

Mais le problème des Nains, c'est qu'ils n'aiment qu'une seule chose : ce sont les pâtes... et le riz (mais moins, ils préfèrent les pâtes).

Zaza : "Bon! Vous voulez quoi pour le dîner ce soir??"

Nains : "des Pââââââââtes!!!"

Zaza : "Ha non, c'est pas possible, vous en avez déjà eues hier!!"

Nains : "Naaaan, on veut des pââââââtes!!"

Zaza: "Vous voulez pas gouter un petit potage de maman?"

Nains : "Naaaaan!!" Ils ont pas encore l'âge de me dire "tu peux aller te torcher avec ton potage", mais l'esprit est le même

Zaza : "Non mais les gars, faut varier un peu là! Mmmm... je regarde... j'ai des carottes!! Une purée de carottes??!!"

Nains : "Naaaan, beuuuuuuaaark"

Zaza : "Du choufleur? des brocolis?"

Nains : "Naaan, on a déjà eu des brocolis à la cantine!!" Fuck...

Zaza : "Des tomates et du concombre en salade alors?"

Nains : "Ouiiii!!" ouf!! "avec des paââââââtes!!" Fuuuuuck....

Zaza : "Un tian aux légumes sauce au poivre??"

Nains : "...."

Zaza : "Ro ça va hein, si on peut même plus rigoler..."

Bref, au bout de 15 minutes à scruter mon frigidaire, je manque autant d'inspiration que de motivation et comme vous pouvez vous en douter.... je cède... comme une grosse merde.... et je leur fais des pâtes... ce qui m'épargne les pas si lointaines épiques séances lors du dîner.

Mais attention, je ne fais pas toujours les mêmes pâtes! J'innove moi.

L'avantage des pâtes, c'est que premièrement, ça peut avoir toutes sortes de formes : en papillon, en coquillettes, en torsades, en spaghettis, en linguini, en vert, en rouge, en étoiles, en forme de coquillage, en lasagne et même en lettres d'alphabet pour les éveiller.



C'est Noël là...

Deuxièmement, la customization est super importante : quitte à prendre la même base alimentaire, autant en profiter pour y ajouter des légumes qui ne seraient jamais passés si jamais ils étaient servis tout seuls. Tout y passe l'air de rien : courgettes, petits pois, brocolis, haricots et choux de bruxelles. 

Hop, je touille l'ensemble innocemment, je noie ça dans la crème fraîche, j'arrose de parmesan et le tour est joué, les Nains n'y voient que du feu!

Bref, je m'en sors pas mal... Mais le problème, c'est quand j'apprend qu'ils ont DEJA eu des pâtes à la cantine et alors là, c'est la merde... je ne peux décemment pas leur préparer la même chose pour le dîner, c'est que j'ai une conscience moi : si je leur sers la même sauce à chaque fois, ils vont finir par se lasser.

Et j'ai les mêmes scrupules avec ce blog... Car voyez-vous chers lecteurs, le but de ce blog, c'est comme le repas des enfants : mon seul souhait, c'est de faire plaisir, quitte à vous bassiner avec les mêmes anecdotes de ma vie quotidienne depuis 2008 (ouais, 2008 les gars... 5 ans...) qui, entre nous, ne vont pas révolutionner la littérature française (c'est pas le but de toute façon, ça tombe pas trop mal).

J'agrémente comme avec les pâtes : une touche de grossièretés, un peu de prises de tête, une lampée de dialogues et un zest de photos floues... mais la base reste la même!

Alors, à vous de me dire... Je continue ou je vous sers autre chose? 

PS : le premier qui me demande de parler de cul, il sort...

jeudi 23 mai 2013

"Thumbs up!" by Nain

La vie, c'est pas juste.

Depuis que "Grosse Mémère" (ma soeur) et moi avons commencé l'école, je crois que ma mère fait pas grand chose. 

Tous les matins, vu qu'elle arrive pas à se lever à l'heure, Grosse Mémère et moi, on arrive à choper l'Ipad, on fait nos petits jeux débiles cachés sous la couette et on télécharge des tas de trucs qu'on comprend rien. 

A 7h45, elle débarque dans notre chambre en panique, nous sert l'éternel bol de céréales et après, je sais pas trop ce qu'elle fait, mais elle court dans la maison en poussant des cris du genre "on est grave à la bourre!!", "vite vite, mangez vite vos céréales!!", "qu'est-ce tu veux pour le snack?", "où sont tes chaussures?? Non attend, où sont tes chaussettes?" "t'es ok pour la dictée?", "où avez-vous mis l'Ipad??", "Qui a encore oublié de tirer la chasse d'eau??", "Où est Doudou? dans le cartable? Mais il est où le cartable?"

Grosse Mémère et moi, ça nous fait bien rigoler : on la regarde courir en mangeant nos céréales tranquillou.

Parfois, elle dit des gros mots... mais moins qu'avant, parce qu'on a décidé de la punir. Donc, dès qu'elle dit un vilain mot, on la prive soit d'Ipad, soit d'ordinateur, soit de cigarettes pour la journée, voire les 3 en même temps quand il y a plusieurs gros mots dans la même phrase : ça arrive souvent.

Et du coup, je pense qu'elle ne fait plus rien de ses journées (parce que Maman, elle aime pas le sport et elle est nulle en shopping).

Mais c'est quand même pas juste : Papa, Grosse Mémère et moi, on travaille dur toute la journée et après, en rentrant à la maison, y'a encore les devoirs à faire. J'aime pas les devoirs et Maman encore moins... Et puis, ch'uis super fatigué après l'école, moi tout ce que je veux, c'est regarder mes petits dessins animés sur Netflix et me curer le nez parce que j'adore ça.

Bref, j'étais tellement embêté que Maman s'ennuie que j'ai décidé cette semaine de lui trouver des occupations vu qu'elle a été grave punie. Je me suis creusé la tête pour trouver une activité qui lui prenne beaucoup de temps sans que ça coûte de l'argent à Papa...

Et puis, lundi, j'ai eu un flash!! J'avais trouvé LE truc imparable non seulement pour occuper Maman mais aussi pour passer plus de temps avec elle, rien que moi, sans Grosse Mémère qui râle à côté.

Comme tous les lundis, je vais à la piscine avec mes copains de l'école.

A la piscine, y'a plein plein de placards... pour ranger ses affaires mais aussi pour se cacher!! Je me suis mis dans le placard pour me cacher, j'ai fermé la porte, j'ai pas fait très attention à mon pouce gauche coincé dans le trou trou et BAM, j'ai réouvert la porte super fort!! Ho bah je peux vous dire que ça a fait super mal sur le coup, mais ch'uis un warrior moi, un Jedi de compétition, et je connaissais la suite!

La suite?? Mon plan a super bien marché parce qu'au bout de 20 minutes, mon pouce, il a tout gonflé, il est devenu super bleu avec des taches violettes :



 et je me suis dit :"Cool, Maman va devoir m'emmener aux Urgences!!"

Et voilà les copains, c'était ça ma super idée d'enfer pour occuper Maman!! Parce que les Urgences, c'est l'endroit le plus top pour passer plein de temps avec ma Maman qui devait s'ennuyer à mort à la maison. J'avais déjà essayé à New-York en me coinçant le doigt dans la serrure, mais j'avais pas pu aller aux Urgences parce que ce sont les policiers qui sont venus à l'école...

Bref, moi, je les aime bien aux Urgences : ils sont cools, ils sont pas pressés et y'a toujours des jouets et des livres dans les salles d'attente.

Quand ils disent "on vous prend tout de suite", ça veut dire pas avant 30 minutes.
Quand ils disent "le médecin va vous recevoir", ça veut dire pas avant 45 minutes
Quand ils disent "on a beaucoup de monde", faut compter minimum 1 heure.

Moi avec mon pouce tout bleu, j'ai pu passer 3 heures aux Urgences avec Maman, c'était trop bien : d'abord la nurse ("tu veux du calpol?"), puis passage au X-Ray ("bouge pas hein?"), puis diagnostic du docteur ("c'est cassé...") puis petit passage à la Hand Clinic ("c'est vraiment cassé...").


Elle est trop belle mon atelle!

Mais Maman, elle a pas mal râlé, je crois pas qu'elle aime attendre et elle a voulu me redéposer à l'école après!! 

Alors ça non! Pas question! Ch'uis trop bien avec Maman et je veux passer tout le reste de la journée avec elle!!!

Pour la convaincre, j'ai imité Papa quand il est malade : j'ai geint... comme ça : "Hiiiiiinnnnnnnn!!! j'ai maaaaaaaal!!!", je le fais pas aussi bien que Papa mais ça a quand même marché. Du coup, Maman m'a emmené manger des sushis à Camden (parce qu'avec mon pouce cassé, ch'peux maintenant manger qu'avec les doigts, c'est trop cool), puis chez le coiffeur, puis chez Sports Direct pour m'acheter des nouvelles baskets car les miennes, elles ont plein de trous!

Bref, j'ai passé une super journée avec ma Maman!

Du coup, on a remis ça aujourd'hui pour un check-up à l'hôpital et on y a encore passé une petite heure pour que le docteur me mette un nouveau truc pour tenir mon pouce! J'ai pu choisir les couleurs et puis surtout, j'ai pas eu à aller à l'école cet après-midi!


Et puis, c'est pas fini, parce que :

1. On va devoir retourner à l'hôpital dans 15 jours : Youpiiii!!
2. Je ne peux plus aller au sport (po piscine, po de foot, po de parkour, po de treetop) mais c'est pas grave, parce que ça veut dire plus de temps avec Maman qui va m'emmener faire de grandes ballades pour que j'évacue toute mon énergie de warrior.
3. J'ai du mal à m'habiller tout seul donc maintenant, Maman m'aide grave.
4. Je ne peux pas mouiller mon pouce, donc Maman s'occupe de mon bain.

Ca sert à plein de trucs le pouce, mais tout ça je m'en fiche, parce que ça m'empêche pas de jouer à l'Ipad.

En fait Maman, c'est devenu mon pouce gauche et elle ne va plus s'ennuyer du tout vu parce que ça va bien l'occuper pendant 1 mois!!

Le mois prochain, p'têt que je trouverai un autre truc du genre juste avant qu'on parte en vacances.... Parce que Maman, je voudrais pas non plus qu'elle s'embête pendant les vacances!

vendredi 10 mai 2013

La semaine des Rateaux Laveurs

La semaine dernière correspondait à ce que j'appelle depuis des années, "la semaine des râteaux".

Non, il ne s'agit pas du râteau que tu te prends dans la face quand tu fais tout pour attraper un mec qui te trouve pas à son goût : cette douloureuse période a pris fin quand j'ai rencontré Mari il y a plus de 12 ans... Gloire à toi Seigneur...

La semaine des rateaux est celle qui correspond à la période des réponses des différentes écoles françaises de Londres...

Haaaaaaa, nous y voilà encore une fois : le sujet favori des mères expatriées que vient alimenter cet article des Echos.

Comme beaucoup, Mari et moi nous entêtons à vouloir faire rentrer nos enfants dans une école française, homologuée ou pas, on s'en fout un peu, du moment que nos marmots apprennent à maîtriser leur langue maternelle sous toutes ses formes (écrit, oral, culture Gé, conneries). 

La logique voudrait que nous inscrivions Nain dans une école publique anglaise (histoire que nos impôts servent à quelque chose) : notre retour en France étant peu probable, à nous de franchir ce cap psychologique en plongeant nos enfants dans la culture de leur pays d'accueil. Le problème, c'est que Nain a, dès son plus jeune âge, souffert de problèmes de langage en anglais et en français. En gros, il cause pas génial et nous lui avons fait subir des heures et des heures de séances laborieuses d'orthophonie : purs moments de joie...

2 années dans une école privée bilingue homologuée AEFE machin-truc à New-York ont remis notre petit dans le droit chemin (et nous, dans le rouge...) et loin de lâcher la pression, nous étions convaincus de trouver une place pour Nain dans une des quelques écoles primaires françaises de Londres qui ne peuvent accueillir que 20% des familles françaises installées ici.

Et bien Pan ! 

En 2012 déjà, aucun établissement ne trouvait de place pour Nain. Faut croire que 2005 a été une année chargée en naissances!
En 2013, j'ai consciencieusement re-stressé, re-rempli, ré-inscrit, re-payé des frais dans ces mêmes écoles... et la réponse du Lycée Français/CFBL est tombée la semaine dernière :

"Madame, Monsieur,


              Nous avons le regret de vous annoncer que nous ne sommes pas aujourd'hui en mesure de donner une suite favorable à votre/vos demande(s) d’inscription(s) pour la rentrée 2013 en classe de CE2. Fuuuuuuck...



Aussi nous nous permettons de conserver votre candidature sur liste d'attente (pour l'année scolaire 2013.2014) et vous contacterons dans le cas d'un éventuel désistement. Eventuellement peut-être mais pas du tout sur...
Il n'est pas nécéssaire de nous téléphoner. Pourtant le harcèlement téléphonique, il parait que ça marche bien?
En effet, les demandes, classées selon les critères définis préalablement par notre admission policy, ont été, très nombreuses et nous n'avons eu malheureusement qu'une seule place à offrir pour cette classe. Une seule place sur 60.... Fuuuuuuckkk....
Nous vous remercions néanmoins de l’intérêt que vous avez manifesté pour notre établissement. On vous en prie, ça m'a fait plaisir!
Avec nos meilleures salutations,"


Alors??? Qui a aussi reçu ce petit mail??? Me dites pas que je suis la seule!! Si nous sommes suffisamment nombreux, on pourrait même organiser une soirée spécial "Rateaux"!

Quant aux autres écoles?
Et bien Nain est sur les listes d'attente de Jacques Prévert et de l'Ecole Bilingue de Paddington depuis.... 2007... Soit 6 ans d'attente, à graver péniblement les échelons, place par place... Ca fout le cafard pour tout vous avouer...

Quant à l'école actuelle de Nain, la Petite Ecole Bilingue de KT et bien les parents qui y sont restés, dont nous, nous battons quotidiennement pour la faire rouler : un travail acharné, des réunions épiques, des rivières de mails et pourtant, Nain m'affirme y est heureux... Alors que faire?

Et bien je ne sais pas...

Pour Naine, c'est décidé, la maternelle à 8000 boules par an, c'est fini, elle va aller direct à l'école publique du coin à la rentrée!

Est-ce que les exigences des parents en matière d'éducation doivent prendre le pas sur le bien-être de leurs enfants? Vaste débat. Grosse prise de tête. C'est dans ces moments là que je réalise que je suis une maman débutante et que je n'ai pas fini d'apprendre moi aussi : on devrait plutôt ouvrir des écoles pour les parents angoissés par les enfants, eux, ne le sont pas... 

Ils prennent ce qu'on leur donne et leur faculté d'adaptation, leur enthousiasme, cette façon qu'ils ont de ne voir que le bon côté des choses m'émerveillent quotidiennement... Haa, mais pourquoi suis-je devenue une bobonne acariâtre au bord de la ménopause??

Bref, pour toutes les familles qui n'ont pas eu droit à la clé d'une école française, je vous invite fortement à vous renseigner sur les solutions alternatives : programmes FLAM, CNED, écoles anglaises de qualité, tout est répertorié, expliqué et très bien écrit sur le site http://www.avenuedesecoles.com, une vraie mine d'informations.

Sinon, je vous invite à soutenir les projets de free bilingual schools tels que Bromley ou Culham qui offrent un enseignement bilingue gratuit... Ouais... Gratuit... D'une initiative locale entre parents et professeurs, on aboutit à de beaux projets comme ceux-là, encore bravo! 

Si vous êtes d'ailleurs intéressés pour monter un projet similaire qui ne soit pas à dache du centre de Londres, merci de me le faire savoir, je tâtonne en ce moment le terrain mais y'a du boulot!!

Sur ce, je vous souhaite à tous bien du courage, de la persévérance et que votre moral tienne bon, le principal, c'est que vos Nains soient heu-reux, so...



mardi 30 avril 2013

Ready to go?

Oyé Oyé familles nombreuses, il est grand temps de vous précipiter à la Fnac ou sur Amazon pour vous procurer cette toute nouvelle série de guides touristiques :


Vous ne rêvez pas, il s'agit en effet de guides... pour les familles... et si je fais une promo intensive pour cette série, ce n'est pas par hasard!

En effet, l'année dernière, quasiment jour pour jour, alors que j'étais encore à New-York en train de préparer mon déménagement à Londres, j'ai été contactée par Dominique et Loic, les très courageux initiateurs de ce projet, qui cherchaient un contact pour leur projet sur New-York.

Moi, au début, je m'étais dit : "Arf, encore des gens qui veulent faire un guide sur New-York" parce que comme je l'avais écrit dans cet article, des guides sur New-York, y'en a un paquet!! Que vous soyez en couple, nature, fans d'expos, baroudeurs, sportifs, entre copains/copines ou amateurs de bars à putes, vous trouverez toujours un guide qui répondra à vos attentes.

Cependant, et c'est en cela que cette série tombe à pique, les maisons d'édition n'ont jamais pris la peine de sortir un guide de qualité destiné aux familles! On arrive toujours à se démerder entre les forums de voyages, les blogs et les guides standards, il n'empêche que jusqu'ici, c'était la misère...

Le guide pour la famille... Le truc indispensable qui se glisse facilement dans la poche arrière...parce que quand tu pars en vacances avec des enfants dans une grande ville, t'as toujours les 2 mains occupées entre le sac à dos qu'il faut toujours enlever pour chercher des trucs cons, le snack qui doit toujours être prêt, les nains qu'on regrette de ne pouvoir tenir en laisse et qu'on doit tenir par la main dans la foule, le plan qui a été plié à l'envers et qu'on retourne 12 fois avant de trouver la bonne page, le doudou qui tombe, les nerfs qui lâchent...

Le guide pour la famille, c'est celui qui va prendre cher pendant tout le séjour à force d'égrainer bonnes adresses shopping, musées et restaurants qui aiment les enfants (même les plus mal élevés!), celui qui va se retrouver aspergé au restaurant, celui qui va tomber par terre au moins 15 fois dans la journée, celui qui va être barbouillé, déchiqueté, plié, replié! C'est d'ailleurs pour cette raison que la couverture, c'est du béton armé, bien vu!

Bref, j'avais ainsi rencontré les 2 cocos à New-York et essayé de les faire rentrer dans mon cercle et leur faire rencontrer un maximum de personnes susceptibles de les aider à achever cette mission ardue! 

Bingo, il a suffi d'un apéroblog, un pique-nique et de quelques verres bien remplis pour que Clara participe à l'aventure! Les quelques photos et jeux de pistes qu'elle devait fournir se sont vite transformés en un boulot presqu'à plein temps et la voici co-auteur du guide!

Et ce n'est pas fini...

Profitant de leur séjour à Londres en novembre, Loic et Dominique sont venus faire la fête à la maison pour mon anniversaire... Là, entre 2 bouteilles de champ, le karaoké, à 1h30 du matin, je les vois en pleine discussion avec ma LiliB que j'aime d'amour. Et ce n'est qu'après avoir débourré 2 jours après que j'apprend qu'une collaboration étroite vient de commencer... pour finir, mes lecteurs les plus assidus auront probablement reconnu le style de LiliB sur TOUTES les couvertures du guide, les jeux de pistes, les dessins ci et là etc...

Ainsi, j'applaudis et suis très très heureuse de voir mes deux copines, aussi talentueuses l'une que l'autre, recevoir les lauriers qu'elles méritent, après des mois d'un travail acharné (en plus de leur boulot  à plein temps et des enfants à gérer!!).

Quant à moi, je vais m'incruster de manière ponctuelle dans l'aventure en rédigeant quelques actus londoniennes sur leur site web (shopping, événements, restaurants, billets d'humeur), pour les parents toujours en quête du voyage parfait et les enfants toujours au taquet 12 heures par jour! Promis, aucun gros mot ne transpirera sur le site (je garde ça pour mes lecteurs avertis ;)) et si cette série peut inciter des parents frileux de partir en voyage avec leurs nains, tant mieux!

D'ici la mise en ligne du site, vous pouvez toujours suivre l'évolution de ce projet sur la page facebook!!

So? Ready to go?

mardi 23 avril 2013

The Holidays Rush

On pourra dire à la fin du mois que les Nains n'auront absolument rien branlé pendant le mois d'avril...

Maintenant qu'ils sont dans une école privée à Londres, leurs vacances sont totalement décalées avec celles du système public anglais et encore plus avec les vacances en France. Si j'ai bien compris, maintenant en France, les vacances de février sont en mars et les vacances d'avril commencent à la fin du mois pour s'étaler sur le mois de mai. Pour la plus grande joie des grands-parents à la retraite qui ont un flux continu de petits-marmots sur 3 mois : certains disent que c'est fatiguant, moi je trouve que cela les maintient éveillés!!

Donc, les Nains sont officiellement en vacances depuis le 4 avril (après un bon week-end de Pâques de 4 jours) et ce jusqu'au 22 (hier donc).

Je ne suis pas contre un repos forcé car le cerveau de mes enfants rentre en ébullition assez facilement, mais ce n'est pas une raison pour les planter devant la télé toute la journée pendant les vacances. C'est d'ailleurs bien dommage que l'on donne mauvaise conscience aux parents parce que comme baby sitter, le téloche, c'est ce qu'on a fait de mieux jusqu'ici: une foule de programmes aberrants de connerie toute la journée, zéro logistique, facile à allumer - quoique moins évident à éteindre - gratuit et sans dommages collatéraux si ce n'est au cerveau...

Et comme je ne suis pas encore adepte des holidays camps où l'on peut coller ses marmots de 9h00 à 16h00 tous les jours, la question qui turlupine les mamans 1 semaine avant les vacances est : "Qu'est-ce que je vais bien pouvoir foutre avec eux pendant 15 jours?".

Le playground, c'est relou. Surtout sous la pluie.
Les musées, c'est relou. Surtout quand on les a déjà fait 12 fois.
Les activités à l'autre bout de la ville, c'est relou. Surtout quand on a des Nains qui rechignent à marcher plus de 20 minutes.
Débarquer en France alors que personne n'est en vacances mais prend le temps de manifester, c'est relou aussi.

Et pourtant, il faut bien se rendre compte que l'on peut difficilement y échapper et qu'il va falloir faire chauffer la Oyster Card et ses baskets pour animer 15 jours sans école :

On a donc fait :



"Haaaaa mais maman, c'est horrible, on voit tes bourrelets!! Je veux descendre!! Faites-moi descendre, j'vais vomir!!!"

Mais après, on était pas peu fiers...



On a refait un pèlerinage à l'Aquarium en pleine heure pointe 


et nous avons enfin découvert la nouvelle ligne de train qui relie Blackfriars Station à Kentish Town soit 13 minutes de la maison à la Tate Modern où il faut vite aller voir la fabuleuse rétrospective de Roy Lichtenstein :



et découvrir leur nouvelle galerie en béton brut :

Les Nains ont cependant moyen kiffé 

On a rejoint Mari à Piccadilly pour tester le Japan Center et faire le stock de soupes miso.



Puis direction la Bretagne (Londres-Brest en 1h40, pourquoi se priver?)

On a fait de la plage


"Voilà c'est ça! Tu prends ta pelle en fer et tu tapes comme un bourrin sur le sable!!"

Les Nains ont chopé mon téléphone et ont pris des photos :

du chien

  qui branle rien


du chat

qui branle rien

des oiseaux

qui branlent rien



de leur mère 

qui branle rien

Parce que les vacances, au final, ça sert à se re-po-ser, rêva-sser, glan-doui-ller, bou-qui-ner et en aucun cas se coller la pression (surtout quand les écoles de voile/équitation/golf/mickey clubs sont fermées hors vacances scolaires françaises!) avant de reprendre son activité : ainsi depuis hier, Mari et les Nains sont retournés au turbin...

Quant à moi, j'ai décidé de jouer les prolongations...


lundi 25 mars 2013

Everybody stand up!

Mari adore les stand-up comedies...

Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit d'un pur produit américain comme on les aime : un spectacle comique dans un cadre informel où l'humoriste jongle avec ses talents d'improvisation. Généralement, il s'inspire de son quotidien avec un sens de l'observation acéré pour que le public puisse s'identifier à lui. a mon époque, j'étais fan de Jerry Seinfeld, mais ça s'arrêtait là.

Grâce à Netflix (God bless America et le streaming gratuit), Mari a pu découvrir de nombreux humoristes américains. Déjà à Londres, il était devenu fan de Michael McIntyre mais arrivée à New-York, ça a été le délire complet : Chapelle, Chris Rock, Louis CK ou Gabriel Iglesias (un de mes préférés!). On a bouffé du stand-up comedies pendant des mois en rentrant de soirée complètement bourrés et nous avons repassé en boucle, avec ou sans les nains, ce fabuleux sketch d'Eddie Izzard que tout le monde connait mais qu'on ne peut se lasser de regarder.




Certains font preuve d'une subtilité et d'un sens de l'observation hors pair, d'autres jonglent entre "fuck" et "pussy" ou maîtrisent toutes sortes de bruitages.

Mais pour être honnête, dès que je regarde un de ces shows, je fais pas long feu...

Au début, j'arrive à me concentrer avec mes 2 grammes d'alcool dans le sang mais après, je perd totalement le fil du spectacle. Au bout de quelques minutes, je ne comprend plus rien du tout au spectacle (faut dire qu'ils parlent super vite!!) et je reste souvent la bouche ouverte tel un canard tombant nez à nez sur une pince à linge. 

Mari au contraire, saisit toutes les subtilités du spectacle et a des crises de fous rires incontrôlables sur le canapé : maintes fois, je le regardais envieuse et j'allais me coucher en le laissant plié de rire.

C'est donc avec une certaine émotion que Mari et moi avons rejoint le troupeau de français au Royal Albert Hall pour assister au spectacle de Gad Elmaleh lundi dernier (très beau cadeau de belle-maman pour Noël).

Haaa, les français à Londres... Ils étaient tous là... Décontractés ou en costard, la clope au bec, jeunes loups de la finance toujours aussi bruyants, Marie-Dominique et ses copines de South Ken, quelques enfants ayant eu la permission de minuit, une flopée de trentenaires en doudoune. Bizarrement, je n'ai croisé personne que je connaissais même si une de mes copines assure m'avoir fait de grands coucous dans la salle!

2 premières pour moi donc : j'ai ainsi découvert la magnifique salle du Royal Albert Hall et j'ai enfin assisté en vrai à un stand up comedie en français. "Enfin, je vais pouvoir tout piger!!".

Ainsi, pendant 2 heures, j'ai ri aux éclats, j'ai enfin compris les allusions au "Blond" et au "Where is Brian?", j'ai gouté à un humour fin, sans vulgarité, j'ai été totalement conquise par l'intelligence de ce type et il n'a pas hésité à se foutre de nos gueules! Pour le résumé, il vous suffit de lire l'article d'Amandine sur ici-Londres!

Je suis certes pour m'imprégner de la culture anglaise, notre retour en France étant peu probable (parce que Mari, il est pas hyper fan du concept "se retrouver au chômage") mais il est vrai qu'un petit vent de rires bien franchouillards ne fait de mal à personne!

Gad, reviens vite nous voir!!

mardi 12 mars 2013

Mon homme, l'expatrié

On parle beaucoup des épouses expatriées : celles qui ont sacrifié leur job pour suivre leur mari, celles qui voient leur indépendance financière réduite en peau de chagrin, celles qui passent d'un bureau de 40 personnes à un mini-foyer avec 2 marmots qui savent à peine parler, celles qui découvrent la solitude, celles qui doivent affronter les remarques acides et les regards étonnés.

Ce sont les mêmes qui saisissent l'occasion pour se reconvertir, passer plus de temps avec leurs enfants et mieux les comprendre, les épauler et les choyer au quotidien, celles qui partent en quête de nouvelles rencontres, celles qui arpentent les rues et les musées pour prendre possession de leur nouvelle ville, celles qui protègent ou reconstruisent leur écrin de bonheur.

D'une certaine manière, l'expatriation est une aventure mais pas avec le sac à dos et une machette entre les gencives :


mais avec 234 cartons et une bonne bière à la fin de la journée :

Dessin par LiliBé pour ma chronique d'Ici-Londres en septembre 2012


Bref, le sujet est sans fin mais bizarrement, on ne parle pas beaucoup de l'homme expatrié, celui sans qui cette aventure ne serait jamais arrivée, celui qui prend le risque de s'installer ailleurs sans filet de protection et d'embarquer femme et enfants.

Au début de notre expatriation, j'étais très jalouse de Mari. 

Pendant que je restais à la maison, lui avait un travail, une vie sociale, un but dans la journée. Et quand il partait en voyage, je fondais en larmes : "Vas-y, abandonne-nous! Pars! J'ai bien compris que tu préférais aller mater les culs des hôtesses de l'air en Business plutôt que de rester à la maison t'occuper de nous!! J'ai bien compris que tu adorais passer tes nuits dans des hôtels 5 étoiles avec petit-déjeuner buffet plutôt que d'honorer ta femme qui n'est pas foutue de te préparer ton café!! J'ai tout abandonné pour toi et voilà comment tu me remercies?! J'ai pas signé pour ça moi! J'ai signé pour du glam, de l'amour, des voyages et une nounou full-time! J'veux des pompes, un sac, du cul!!"

Mari partait donc le dos courbé sous le poids de la culpabilité qui, à mon sens, n'était rien en comparaison de mon désarroi.

Cependant, il m'a bien fallu admettre que Mari ne travaillait pas comme un âne pour le plaisir, que les voyages le fatiguaient, que la pression d'un nouveau job est d'autant plus forte quand on a 3 bouches à nourrir, que lui aussi avait laissé en France sa famille et ses amis, que la notion "se faire plaisir" disparaissait, faute de temps, au fur et à mesure que nous lui demandions plus d'attention, qu'il ne pensait qu'à notre avenir alors que je n'étais obsédée que par le lendemain ou les prochaines vacances scolaires.

Les filles, faut prendre soin de son poulain, sa bête de concours, son pigeon voyageur. Laver ses petites chemises, le nourrir correctement sans matières grasses, lui mettre un coup de pied au cul pour qu'il aille faire du sport, lui coller son téléphone entre les mains pour qu'il appelle ses potes et prendre un verre avec eux, lui envoyer de jolis SMS pendant qu'il est en voyage, le laisser faire sa sieste (mais pas plus de 2 heures hein, faut quand même pas déconner!!), lui donner quelques missions ponctuelles pour le valoriser ("Tu peux aller au Tesco acheter du PQ stp?"), prendre en main sa vie sociale et le plonger dans la foule car il y brille.

Dans les faits, on pourra dire que je remplis bien mes fonctions de Bobonne, mais en réalité, je me vois plus comme son coach et son poil à gratter.

Pourquoi faire tout cela? Et bien, plutôt de prendre le risque de le voir faire un claquage à 40 piges, je préfère anticiper afin de ne pas me retrouver toute seule, sans emploi avec 2 enfants et 15 kilos en trop (donc clairement pas baisable).

Plus les années passent et plus je me suis habituée à son absence. Maintenant, quand il se barre pendant 1 semaine comme il a fait la semaine dernière pour aller à New-York (bon là, j'ai été super jalouse, j'avoue), et bien je m'occupe de moi et là, rien ne va plus! Je ne bouffe que de la merde ou des pâtes, je regarde des films débiles pour ados qui me font pleurer tellement c'est beau l'amour, je m'organise des soirées avec mes potes parce que j'adore sortir en solo, mes babysitters se frottent les mains, les nains sont en mode free-style, les devoirs sont bâclés, j'ai le lit ET le canapé pour moi toute seule!!

Ainsi quand Mari rentre, ce n'est plus moi qui cours à la porte, soulagée de le voir revenir... c'est plutôt lui qui vient s'asseoir à côté de moi alors que je suis au milieu d'un épisode hyper important de "Made in Chelsea" et qui attend, anxieux, que j'appuie sur Pause pour écouter le récit, passionnant de son voyage.

Zaza : "C'était bien?"

Mari : "C'était bien mais fatiguant... Tiens, je t'ai ramené des clopes... Holala, vous m'avez manqué..."

Zaza : "Oui, oui, toi aussi tu nous as manqué!! et sinon.... Tu repars quand?????"

lundi 4 mars 2013

Une Dinde aux Canaries

Au début, je voulais juste vous envoyer cette photo :


Avec un petit commentaire classe du genre : "Ciao les ploucs, la Dinde part aux Canaries en mode bitch!"

La  très mauvaise connexion internet sur place a eu raison de ma fourberie et mon rire narquois s'est vite volatilisé, mais j'ai pu ainsi profiter plus longtemps du temps paradisiaque à Gran Canaria et m'émerveiller à nouveau devant l'énergie sans faille des Nains, au taquet 12 heures par jour.......

Donc, cette année, j'ai enfin réussi à convaincre Mari que le froid, c'était nul et que je ne voyais pas l'intérêt de quitter Londres, où il fait 2°C à tout casser, pour aller se peler les miches sur un télésiège (où il fait généralement -8°C) et puer des pieds pendant 1 semaine à fermenter dans des chaussures de ski. Les tongs, c'est quand même mieux...

Dans l'esprit des gens, les Canaries, c'est cheap, donc plouc. Mais moi, j'ai pas peur non. 

Moi, j'ai froid... et je me cogne de me coller à la foule si je peux profiter d'un soleil permanent. De plus, tous les hôtels proposent un kids club gratuit pour les Nains, avec mini-disco et mini-golf :


Zaza : "C'est débile le mini-golf..."
Nain : "Non c'est bien!!"
Zaza : "Non. C'est NA-SE!!"
Nain : "C'est bien je te dis! c'est parce que t'arrives pas à la mettre dans le trou la balle!!"
Zaza : "C'est pas vrai!!"
Mari : "Si c'est vrai, tu tapes comme un gros bourrin en plus..."

Bref, le mini-golf, c'est nul.... surtout quand les 2 clowns viennent m'emmerder...


Première étape : Gran Canaria, 5 nuits au Marina Suites à Puerto Rico. C'est simple, à Gran Canaria, y'a pas grand chose à foutre ou à visiter mais on a réussi à faire quelques trucs sympas.

On a déjeuné à Puerto de Mogan (très très joli) et nous avons comblé nos enfants en les emmenant à Palmitos Park :


Des dauphins, des perroquets, des tortues, quelques bêtes poilues, un hot dog en terrasse et hop, le tour est joué, ça les a achevés pour la journée!

Mais le must, ça a été notre escapade à Maspalomas Beach :


Au début, j'avais convaincu les miens que Maspalomas, c'était the must, une étendue de sable magnifique et préservée et que cela valait le coup d'aller y passer une journée...

Bref, on arrive sur place et on cherche un coin de plage où poser nos fesses. En avançant, nous tombons sur ce panneau :


Ha... des nudistes... c'est gentil de prévenir...

Personnellement, je conçois tout à fait que l'on veuille se mettre à poil en vacances. Si j'étais pas aussi coincée des fesses, je me verrais bien allongée nue sur du sable chaud sans craindre les marques de bronzage... 

Seulement voilà, la population de nudistes à Maspalomas, ce ne sont pas de jeunes éphèbes mais des vieux nordiques, en couple, en groupe ou en single et franchement, y'a quand rien de pire que des vieux à poil (sauf peut-être, des vieux à poil qui courent vers la mer avec leur machin qui se balance de droite à gauche ou des vieux à poil qui jouent au beach-volley).


Quelques couples gay bien gaulés viennent atténuer cette vision cauchemardesque mais comme vous pouvez vous en douter, les Nains sont bien les seuls enfants à arpenter la zona nudiste qui fait, non pas 300 mètres comme je l'espérais, mais bien 1 kilomètre de long... 

Au bout de 40 minutes de marche, nous n'avons pas eu d'autre choix que de rebrousser chemin et refaire le trajet dans le sens inverse, soit presque 2 heures à croiser des zizis tout fripés... les Nains ont grave kiffé...

Bref, Gran Canaria, ce n'était que pour le début du séjour et nous nous sommes envolés pour Tenerife quelques jours après... et là, ce n'est plus du tout la même chose...

On a gentiment commencé par Orotavia et ses jolies maisons, son joli parc : 




Puis on a poussé la voiture jusqu'à Punta de Teno, à l'extrémité occidentale de l'île... Un chemin sinueux bordant une falaise, des débris de rochers sur la route, on a failli faire demi-tour mais quand nous avons aperçu le bout de la pointe, nous n'avons pas été déçus :




Pas une habitation à la ronde, pas de nudistes, quelques pêcheurs débonnaires, une histoire volcanique qui a laissé un magnifique paysage, à la fois désertique et propice à la contemplation, bref, une grosse claque dans la figure et j'ai failli y laisser Mari, absorbé par le paysage et l'étrange végétation du lieu...

Puis direction vers le sud, à travers la montagne pour atterrir à quelques kilomètres de Playa de Americas que nous avons préféré éviter pour se poser là :


"Il est bonnard l'hôtel, hein Chéri?"

Le lendemain, les nuages ne laissant rien présager de bon, nous avons décidé de visiter le Parc Volcanique de Teide passeke Nain, le truc qui le passionne en ce moment, ce sont les volcans... Nous avons donc pris le téléphérique de bonne heure pour se retrouver à plus de 3000 mètres d'altitude, grandiose :


"Ca caille hein? Bah ouais, fait 3°C en haut!!"

Le reste, ça n'a été qu'époustouflant et nous avons passé toute la journée la bouche ouverte :


"Hooooo!!!"



"Haaaa!!!"


"Holalalalalala...."


 "Allez Naine, repose ces cailloux!"



"Nain! Tu reviens TOUT DE SUITE!!"


Bref, nous sommes repartis de Tenerife émerveillés, bronzés et reposés. 

Next time, j'irai faire un tour à Fuerteventura et Lanzarote et j'achèterai un guide mis à jour pour éviter les plages de nudistes et les restaurants dégueulasses!

Mais le plus de mes prochaines vacances, c'est que contrairement à mon dernier séjour où j'ai du me trimballer ce machin qui pèse 2 kilos :



Je vais maintenant voyager avec ça :


Et oui, mes chers lecteurs, grâce à vous, j'ai pu décrocher un Kindle Fire HD via les Bloscars de Skyscanner, catégorie meilleur blog féminin (j'en reviens pas!!) et vais pouvoir bouquiner en vacances sans que ça me défonces les omoplates!!!

merci encore à vous à l'équipe de Skyscanner pour l'organisation de ce concours!!

jeudi 7 février 2013

Do you do "vous"?

Heureusement que j'ai de fidèles lecteurs...

L'année dernière, j'avais écrit un petit article sur les difficultés qu'ont les personnes âgées à utiliser un ordinateur et j'avais dévoilé, sans y prendre garde, que je vouvoyais mes parents. Chère Sandrine, suite à tes nombreuses requêtes, je vais essayer de t'expliquer le système du vouvoiement dans notre famille.

Rappel des faits : pour ceux qui l'ignorent, j'ai été adoptée. 

Alors être adopté, ça veut dire aller vivre chez de parfaits inconnus qui vont tout faire pour t'élever comme leur propre enfant. Bien au delà de la partie élevage qui consiste à m'habiller et me nourrir, mes parents adoptifs se sont également chargés de mon éducation (faire des études correctes, être polie, respecter les autres et ne pas dire "putain" à chaque fin de phrase. Sur ce dernier point, c'est plutôt raté...). 

Le souci, c'est que contrairement à beaucoup d'enfants adoptés, j'ai débarqué dans ma famille sur le tard... à 10 ans pour être plus précise, en fin CM2. Et à cet âge-là, j'avais déjà appris qu'il fallait vouvoyer les personnes que l'on ne connaissait pas pour marquer une forme de respect et il était bien naturel que je commence à vouvoyer mes parents adoptifs. Cette habitude ne s'est pas perdue depuis et cela en a surpris plus d'un...

- Donc, depuis le début, je vouvoie mes parents, contrairement à mes soeurs et à mon frère.
- Mon père vouvoie ses enfants naturels (les 5 filles), mais pas ses enfants adoptifs (les 2 viets) qu'il tutoie car, selon ses dires : "je tutoie ce qui ne m'appartient pas"
- Ma mère tutoie tous ses enfants mais vouvoie certaines personnes de son âge
- Mon père vouvoie sa femme et le chien ("veuillez dégager du canapé!!")
- Le chien vouvoie tout le monde (waa, waa, waa)
- Mes soeurs et mon frère appellent nos parents Papa ou Maman ou La Reum
- Moi je suis la seule à les appeler par leurs surnoms (que je ne dévoilerai pas pas pudeur) mais comme je les vouvoie, ça ne passe pas pour de la familiarité.
- Mon père vouvoie donc ses filles, mais pas ses gendres qui le tutoient, sauf Mari qui vouvoie également mes parents par solidarité.
- Je vouvoie ma belle-mère (à son grand dam) qui me tutoie 
- Il y a des personnes que nous les enfants tutoyons mais que nos parents vouvoient.
- Le chat fait miaou, la poule fait cot, cot et le cochon grogne


Je connais aussi certains couples pas beaucoup plus âgés que nous qui se vouvoient entre eux et tutoient leurs enfants. D'autres se tutoient mais vouvoient leurs enfants et vice et versa. Et oui, durant mon houleuse adolescence, je lançais de magnifiques : "vous me faites grave chier avec vos principes à la con" à ma mère. Le message passait tout aussi bien que si je l'avais tutoyée...

Mais qu'en est-il de nos Nains? Doit-on leur apprendre à vouvoyer également autre part qu'à l'école ou est-ce totalement has-been?

Je serais assez tentée, car pour avoir croisé nombre d'enfants qui me vouvoyaient en m'appelant "Madame", j'avoue avoir grave kiffé sur le moment avant de me prendre le retour du boomerang sur lequel est inscrit "calme ta joie, t'es vieille". Et puis si ça peut leur faire faire un peu d'exercices de conjugaison, ça leur fera pas de mal... 

Pour mes Nains malheureusement, il est trop tard... Eux, y z'en ont rien à battre de vouvoyer : le "You" englobe tout et n'importe quoi, et cette absence de différenciation en anglais va nous causer du souci.

Bref, le vouvoiement est devenu certes complètement désuet mais au final, au sein d'une famille, vouvoiement ou tutoiement, le principal, c'est que la communication passe. 

Et ceux qui considèrent cela avec mépris comme l'apanage des Bourges, ceux-là n'ont rien ou peu compris car dans un sens plus élargi, le plus important est d'apprendre à nos enfants à s'adresser aux autres avec respect : et le vouvoiement n'est qu'un petit plus qui, il faut l'avouer, ne manque pas de charme... 




en tout cas, moi, ça me fait trop kiffer qu'on me vouvoie!!
SPLASH BOOMERANG = "TA GUEULE LA VIEILLE!!"

mardi 29 janvier 2013

My new best friend

La vie est tout de même drôlement faite.

La semaine dernière, j'ai en effet écrit un article geignard sur mes impasses existentielles. A peine eu-je publié ce post et m'apprêtais à engloutir un paquet de chips devant une daube télévisuelle dans un engrenage de loser, que mon téléphone se mit à sonner joyeusement.

"Numéro masqué"... 

Au bout du fil, ce n'est ni Mari qui vient s'enquérir de mon agenda ("qu'est-ce tu fous là Pute??!!"), ni ma mère qui se plaint de ne pas avoir de nouvelles ("tu ne m'appelles jââââââmâââââiiiis, fille ingrate!!"), ni l'école qui me demande de venir chercher les Nains ("Votre Nain a truc coincé dans la gorge, Mère Indigne..."), ni un sales representant appelant de Calcultta pour me vendre des solutions financières/informatiques/téléphoniques ("Hello Miss, we wuld like to intoroduce you ourrrr niew produuux").

Non, rien de tout cela... Au bout du fil, c'est Tim.

Tim, je ne le connais pas mais pendant nos 15 minutes de conversation téléphonique, il va devenir mon meilleur ami, mon BFF, le seul qui me comprenne en ce bas monde. Parce que Tim, il travaille pour une boîte de recrutement et il a totalement flashé sur mon cv que j'avais remis à jour sur Monster 2 jours plus tôt et qu'il s'est dit que je serai la candidate idéale pour un poste à court terme (le paradis pour toute maman) pour organiser des événements pour une multinationale qui l'a plein de pognon.

Cependant, quand on a un anglais approximatif comme le mien et qu'on ne s'attend pas à recevoir l'appel d'un recruteur, c'est qu'on finit vite par cafouiller. Les 10 premières minutes, j'arrive à faire illusion avec mon CV de ouf bourré d'"excellent skills", "self-confidence" et "teamplayer machin chose".

Laaaas, cet état de grâce s'arrête net quand il me pose une question à laquelle je suis incapable de répondre. Non pas parce que la réponse demande réflexion, mais parce que je n'ai AB-SO-LU-MENT rien pigé à ce qu'il vient de me dire.... 30 secondes de blanc (interminables) pendant lesquelles j'oscille entre :
- "Hein? What? Vous avez dit quoi là?"
et le :
- "Bbrrzzzzz.... Sorry, ma ligne est mauvaise, bbbrrzzzzz, je n'ai pas entendu la fin de votre phrase!"

Mais Tim, comme c'est mon meilleur ami, il est super compréhensif, il est troooop chou et on convient d'un rendez-vous le mardi suivant. Génial, j'ai tout le week-end pour me remettre dans le bain et monter un gros pipeau à 4 mains sur mes capacités à reprendre le travail après des mois de chômage "forcé", tout en gardant une vie familiale stable et organisée.

Le mardi suivant, j'arrive donc au bureau de Tim... J'avais déjà arpenté les planchers de différentes boites de recrutement lors de ma première vie à Londres mais là, je suis éblouie...

Hôtesses d'accueil souriantes, moquette rouge, toilettes propres et parfumées, on me tend un formulaire à remplir, un stylo en or et on m'installe dans une petite salle avec une coupe de champagne et un (très) jeune masseur italien répondant au doux nom de Massimo... Je suis au bord de faire dans ma culotte...

10 minutes plus tard, Tim arrive dans la salle, me salue et scrute le formulaire que je n'avais pas fini de remplir (la faute à Massimo plus qu'à mon piètre niveau d'anglais).

Je passe dès le départ pour une demeurée, je sens que ça va être long... très long... Mais au bout de 30 minutes, tout est dit, j'ai souri, transpiré, j'ai pris des notes, ultra motivée!

Depuis? Bah rien. Tim, il m'a pas rappelée, c'est plus mon copain, il me fait sûrement grave la tronche. Mais que nenni, au diable le moral à zéro, si j'ai réussi à en éblouir un, il n'y a aucune raison pour que d'autres ne tombent pas aussi en pâmoison sur mon merveilleux CV! J'ai donc répondu à plein d'offres au sens large du terme, j'ai brassé tous les mots clés, envoyé mes jolies lettres de motivation en espérant de me faire d'autres nouveaux meilleurs amis!

Question? Ai-je vraiment envie de travailler? 
Réponse : Oui et non.

Oui. Pour épauler Mari qui rêve que je l'entretienne (ma p'tite pute à moi) et mettre des sous de côté pour acheter un endroit où vivre des jours heureux.
Oui pour me dire que ma vie active ne s'est pas arrêtée le jour où j'ai mis bas dans la douleur, les cris et le placenta qui vole dans la salle d'accouchement.
Oui parce que j'ai aussi envie de partir en vacances avec mon homme et mes nains quand j'en ai envie.
Oui parce que j'ai peur de déprimer et affronter le regard des autres.

Non. Parce que j'aime trop les Nains. Eux pourtant, je ne sais pas s'ils ont vraiment besoin de moi : ils vont à l'école, ils sont heureux, ils ont de quoi bouffer et rire tous les jours et ils parleront anglais mieux que moi... Je crois que c'est plutôt moi qui ai besoin de les sentir, les voir grandir, les aimer inconditionnellement comme les gronder violemment. 
Non, parce que mon monde, c'est le leur et je n'ai pas honte de le dire, car moi, je suis le sel de leur vie.
Non, parce que je veux donner à mes enfants ce qui m'a été refusé quand j'avais leur âge même si je suis loin d'être une mère parfaite (mais alors genre très très très loooooooin!).

Conclusion : je prendrai ce qu'on m'offre et je donnerai ce que je peux.


PS : Tim, j'ai bien compris que tu voulais plus me parler, mais j'en ai rien à branler parce que je me suis fait un nouveau meilleur copain, c'est L'Express Top Blogs Stylés  qui a publié mon interview le lendemain de notre rendez-vous! Et PAN!