mardi 29 janvier 2013

My new best friend

La vie est tout de même drôlement faite.

La semaine dernière, j'ai en effet écrit un article geignard sur mes impasses existentielles. A peine eu-je publié ce post et m'apprêtais à engloutir un paquet de chips devant une daube télévisuelle dans un engrenage de loser, que mon téléphone se mit à sonner joyeusement.

"Numéro masqué"... 

Au bout du fil, ce n'est ni Mari qui vient s'enquérir de mon agenda ("qu'est-ce tu fous là Pute??!!"), ni ma mère qui se plaint de ne pas avoir de nouvelles ("tu ne m'appelles jââââââmâââââiiiis, fille ingrate!!"), ni l'école qui me demande de venir chercher les Nains ("Votre Nain a truc coincé dans la gorge, Mère Indigne..."), ni un sales representant appelant de Calcultta pour me vendre des solutions financières/informatiques/téléphoniques ("Hello Miss, we wuld like to intoroduce you ourrrr niew produuux").

Non, rien de tout cela... Au bout du fil, c'est Tim.

Tim, je ne le connais pas mais pendant nos 15 minutes de conversation téléphonique, il va devenir mon meilleur ami, mon BFF, le seul qui me comprenne en ce bas monde. Parce que Tim, il travaille pour une boîte de recrutement et il a totalement flashé sur mon cv que j'avais remis à jour sur Monster 2 jours plus tôt et qu'il s'est dit que je serai la candidate idéale pour un poste à court terme (le paradis pour toute maman) pour organiser des événements pour une multinationale qui l'a plein de pognon.

Cependant, quand on a un anglais approximatif comme le mien et qu'on ne s'attend pas à recevoir l'appel d'un recruteur, c'est qu'on finit vite par cafouiller. Les 10 premières minutes, j'arrive à faire illusion avec mon CV de ouf bourré d'"excellent skills", "self-confidence" et "teamplayer machin chose".

Laaaas, cet état de grâce s'arrête net quand il me pose une question à laquelle je suis incapable de répondre. Non pas parce que la réponse demande réflexion, mais parce que je n'ai AB-SO-LU-MENT rien pigé à ce qu'il vient de me dire.... 30 secondes de blanc (interminables) pendant lesquelles j'oscille entre :
- "Hein? What? Vous avez dit quoi là?"
et le :
- "Bbrrzzzzz.... Sorry, ma ligne est mauvaise, bbbrrzzzzz, je n'ai pas entendu la fin de votre phrase!"

Mais Tim, comme c'est mon meilleur ami, il est super compréhensif, il est troooop chou et on convient d'un rendez-vous le mardi suivant. Génial, j'ai tout le week-end pour me remettre dans le bain et monter un gros pipeau à 4 mains sur mes capacités à reprendre le travail après des mois de chômage "forcé", tout en gardant une vie familiale stable et organisée.

Le mardi suivant, j'arrive donc au bureau de Tim... J'avais déjà arpenté les planchers de différentes boites de recrutement lors de ma première vie à Londres mais là, je suis éblouie...

Hôtesses d'accueil souriantes, moquette rouge, toilettes propres et parfumées, on me tend un formulaire à remplir, un stylo en or et on m'installe dans une petite salle avec une coupe de champagne et un (très) jeune masseur italien répondant au doux nom de Massimo... Je suis au bord de faire dans ma culotte...

10 minutes plus tard, Tim arrive dans la salle, me salue et scrute le formulaire que je n'avais pas fini de remplir (la faute à Massimo plus qu'à mon piètre niveau d'anglais).

Je passe dès le départ pour une demeurée, je sens que ça va être long... très long... Mais au bout de 30 minutes, tout est dit, j'ai souri, transpiré, j'ai pris des notes, ultra motivée!

Depuis? Bah rien. Tim, il m'a pas rappelée, c'est plus mon copain, il me fait sûrement grave la tronche. Mais que nenni, au diable le moral à zéro, si j'ai réussi à en éblouir un, il n'y a aucune raison pour que d'autres ne tombent pas aussi en pâmoison sur mon merveilleux CV! J'ai donc répondu à plein d'offres au sens large du terme, j'ai brassé tous les mots clés, envoyé mes jolies lettres de motivation en espérant de me faire d'autres nouveaux meilleurs amis!

Question? Ai-je vraiment envie de travailler? 
Réponse : Oui et non.

Oui. Pour épauler Mari qui rêve que je l'entretienne (ma p'tite pute à moi) et mettre des sous de côté pour acheter un endroit où vivre des jours heureux.
Oui pour me dire que ma vie active ne s'est pas arrêtée le jour où j'ai mis bas dans la douleur, les cris et le placenta qui vole dans la salle d'accouchement.
Oui parce que j'ai aussi envie de partir en vacances avec mon homme et mes nains quand j'en ai envie.
Oui parce que j'ai peur de déprimer et affronter le regard des autres.

Non. Parce que j'aime trop les Nains. Eux pourtant, je ne sais pas s'ils ont vraiment besoin de moi : ils vont à l'école, ils sont heureux, ils ont de quoi bouffer et rire tous les jours et ils parleront anglais mieux que moi... Je crois que c'est plutôt moi qui ai besoin de les sentir, les voir grandir, les aimer inconditionnellement comme les gronder violemment. 
Non, parce que mon monde, c'est le leur et je n'ai pas honte de le dire, car moi, je suis le sel de leur vie.
Non, parce que je veux donner à mes enfants ce qui m'a été refusé quand j'avais leur âge même si je suis loin d'être une mère parfaite (mais alors genre très très très loooooooin!).

Conclusion : je prendrai ce qu'on m'offre et je donnerai ce que je peux.


PS : Tim, j'ai bien compris que tu voulais plus me parler, mais j'en ai rien à branler parce que je me suis fait un nouveau meilleur copain, c'est L'Express Top Blogs Stylés  qui a publié mon interview le lendemain de notre rendez-vous! Et PAN!

jeudi 17 janvier 2013

Bloscars 2013

Alors que je m'apprêtais à écrire un article sur les effets néfastes du bilinguisme sur les relations parents/enfants (encore une de mes théories à la mords-moi-le-zob tirée par les poils du nez), j'ai reçu un mail de Skyscanner m'annonçant que j'avais été sélectionnée pour la première édition des Bloscars Voyage 2013....



Catégorie? Meilleur blog féminin! (on ne rigole pas, on se tait, merci...)

Au début, je n'y ai pas vraiment prêté attention... J'avais participé au Golden Blog Awards en novembre dernier et j'avais déjà été bien contente de faire partie de la shortlist (merci encore à vous tous!!). Cependant, mon blog n'a pas du tout plu au Jury qui m'a reléguée de la seconde place à avant-avant-dernière : "Toi la pouf, on va te mettre en bout de queue avec tes sex-toys!!".

Et puis, j'ai quand même regardé les détails de ce concours et les prix m'ont, je l'avoue, gravement alléchée : 


"Prix
•    Les gagnants de chaque catégorie seront récompensés d'un Kindle Fire ou équivalent
•    Les lecteurs qui voteront pour leur blog favori participeront à un tirage au sort dont le prix est un Kindle Fire d’une valeur de 159€.
•    Les gagnants de la finale internationale seront récompensés par des vols d'une valeur de 600€."

Ca n'a quand même rien à voir avec un pauvre T-Shirt ou un taux de visites en hausse. Là les gars, on est dans du concret autant pour moi que pour vous!


J'ai ensuite parcouru la liste des critères de jugement et j'ai commencé à blêmir....


"Voici les critères sur lesquels nos juges baseront leurs décisions :
-    Qualité et créativité des contenus (je raconte ma vie de bourgeoise expatriée avec une obsession non feinte pour tout ce qui touche au derrière)
-    Design (n'a pas changé depuis 3 ans, il faut dire que ça me prend au moins 2 heures pour changer l'arrière-plan de mon blog)
-    Implication de l'utilisateur (je pense à mes lecteurs tous les jours)
-    Bonne utilisation des images/vidéos/graphiques (oui, oui tout à fait...)
-    Mise à jour régulière (1 fois tous les 10 jours, mode brain-freeze)
-    Fonctionnalité du site (je comprend pas la question....)


Mais pour tout vous avouer, ce concours tombe à point nommé car en ce début d'année, mon moral s'essouffle : ma recherche active de boulot ne donne rien, j'ai pris 2 kilos pendant les vacances de Noël, ces 15 jours avec des invités non-stop qu'il faut nourrir et abreuver ont mis nos finances à sec, l'école des Nains est une véritable catastrophe, il fait 2°, New-York me manque terriblement, j'ai toujours pas arrêté de fumer et comme j'ai des trous dans mes culottes, j'ai encore rechopé la crève!

Bref, il me faut de l'amour et du soleil!!

Ainsi, je fais encore appel à vous mes petits chéris pour voter ici, pour moi ou les autres nominés qui le méritent autant que moi! 

PS : A défaut, si quelqu'un peut me mettre un coup de pied au cul pour que je me ressaisisse, ça serait bien aussi...
PS bis : Oui, si je gagne, je vous montre mes nichons (ppfff, vous êtes graves...)

mardi 8 janvier 2013

2013, chaude comme la braise

Après ces 15 jours de fêtes, moultes retrouvailles et crises de foie en tout genre, j'en avais oublié mon blog que je n'alimente qu'épisodiquement depuis quelques temps, la faute à la moule que j'ai dans la paume de la main!

Pour la première fois depuis le début de notre expatriation (7 ans déjà...), nous avons décidé de passer les fêtes de fin d'année dans le pays où nous avons élu domicile. Finis les voyages interminables avec les Nains dans des trains et avions bondés pour atterrir dans un Paris tout grisâtre et frileux, le squattage en mode clochard et les valises qui dégueulent de fringues sales! 

Il était temps que nous recevions et maintenant que nous avons passé ce cap, je sens que nous allons y prendre goût...

En fait, j'adore Noël. Je peux enfin faire cramer la CB sans scrupules sous prétexte que c'est pour faire plaisir à nos proches. Parce que c'est bien le principe de Noël : taire son égoïsme, se décarcasser pour trouver des idées de cadeaux géniales et donner de son temps aux autres.

Pendant des années, je courais dans les magasins surchauffés, blindés de monde dans une frénésie proche de l'absurde : jouer des coudes entre les rayons, se tâter des heures entre 2 articles similaires mais pas tout à fait pareils, faire la queue les bras chargés de trucs qu'on trouve moches et inutiles une fois arrivés à la maison, peser, emballer, ficeler et écraser de tout son poids pour que toutes ces merdes rentrent dans la fameuse valise de cadeaux sans faire exploser la fermeture éclair.

Mais cette année, je me suis grandement simplifiée la vie : j'ai commandé tous mes cadeaux sur Internet.... Internet, c'est le Père Noël des temps modernes...

C'est simple, plutôt que de me faire suer dans les magasins avec tous ces cons, je me colle devant mon écran, je clique, je rentre mon numéro de CB et tout arrive 48h après dans un parfait état! Bien entendu, la tentation de les commander déjà emballés avec petit mot personnalisé à l'appui est très forte... mais c'est comme les plats cuisinés : "ce n'est pas parce que c'est déjà fait qu'il ne faut rien faire!!", faut quand même pas exagérer...

Bref, je trouvais ce principe génial jusqu'à ce que je me heurte à la malhonnêteté de certains...

C'est ainsi que le cadeau de mon beau-frère a été subtilisé le jour de la livraison : royalement posé sur le bureau du gardien, il a disparu 2 heures après sans que l'on sache qui a récupéré ce cadeau, un très beau livre de street art qui a du finir à la poubelle... Faich...

2 jours après, c'est avec consternation que j'ai reçu le colis éventré que ma mère avait envoyé pour les Nains... Son petit passage à la plate-forme colissimo a été fatal : carton ouvert et rescotché à la va-vite, emballages déchirés, cadeaux abîmés... apparemment, le kit Hello Kitty et les livres pour enfants ne convenaient pas au vilain délinquant qui a cependant songé aux petits coeurs brisés de 2 enfants déjà trop gâtés et a remis tous les paquets dans le malheureux colis.

Donc, je m'adresse à toi, le Petit Connard qui chourre les cadeaux des autres au moment de Noël : saches que la prochaine fois, je mettrai un traceur électronique sur le paquet, je te retrouverai forcément et je te ferai bouffer les 3 rouleaux de papier cadeau (scotch inclus) par l'anus.

En conclusion, Internet c'est bien, l'achat en direct c'est plus safe mais le Père Noël, c'est quand même ce qu'il y a de plus fiable...

Sur ce, je vous souhaite à tous une excellente année 2013, la santé tout ça et je vous promet d'écrire mieux, plus souvent et sur des sujets super intelligents!!!

jeudi 13 décembre 2012

Winter is coming

Ca a commencé par le nez.

La morve qui coule, inexorable, transparente mais insistante, le bloc de kleenex calé entre l'aisselle et le canapé, les mouchoirs en boule (et trempés) qui traînent un peu partout comme des petites crottes de mouton et moi qui lâche des râles fleuris allant du "Attcchouum! Ta mèèèèreeeuuuu!" à "Putain, j'en bââââreeu de cette crève de bêêrdeu!!".

Heureusement, je suis de constitution solide et cela n'a duré que 2 jours... ce qui n'a pas été le cas de mon entourage que j'ai contaminé à force de les asperger de mes postillons tout microbeux...

La première victime fut Nain... alors que je me dirigeais toute pimpante vers Knightsbridge, l'école m'appelle pour me signaler l'état de santé quelque peu inquiétant de Nain. Bien sûr, j'accours, je vole, mon devoir de mère passe avant mes délires de pouf (soupir...). Nain se plaint d'avoir un truc coincé dans la gorge : il a du avaler une gomme dans un moment d'inattention (sa spécialité) et me voici obligée de foncer au Royal Free Hospital à Hampstead.

Alors attention, je ne vais pas dégueuler sur le NHS anglais. Beaucoup de français se sentent frustrés de ne pas recevoir leur dose de médocs alignés consciencieusement sur une ordonnance de 2 pages pour un malheureux rhume mais on finit par s'adapter aux méthodes de soin qui sont basés, certes, sur un seul et unique médicament, le Paracétamol. Que tu aies une foulure du poignet, un poignard dans le dos, un rhume persistant ou des règles douloureuses, on te prescrira ce produit magique (qui marche pas terrible en fait...).

Bref, après une toute petite heure d'attente dans une salle d'une gaité rare, le GP nous reçoit, bidouille Nain, appuie ses 2 mains sur ses genoux l'air perplexe et me lâche son diagnostic : "on va lui faire une radio de la gorge..."

Depuis donc 1 semaine, notre appartement s'est transformé en pharmacie de seconde zone : Naine en rhino-pharyngite que je soigne à coups de mouche-bébé qui est bien le truc le plus dégueulasse sur terre, Nain en Laryngite/extinction de voix et Mari qui renifle (mais lui, on s'en fout, c'est un mec).

Résultat : pas d'école pendant une semaine. You-pi...

Tout ça pour dire que je suis au niveau zéro niveau cervelle et que je vous ai abandonnés pendant 3 semaines, le temps de récupérer. Ch'uis qu'une moule. Désolée.

jeudi 22 novembre 2012

The guest dilemma

Ne vous méprenez pas... Quand on part s'installer à l'étranger, on ressent vite l'envie de voir la famille et les amis que nous avons lâchement abandonnés pour vivre une autre aventure. Pour certains, la coupure est assez violente et j'en ai croisé beaucoup qui ont du partir à l'arrache après avoir vendu en catastrophe maison, voiture, meubles, électroménager et animaux domestiques poilus.

Les premiers temps sont assez difficiles : la solitude forcée sied peu au genre humain et notre seule compagne est la dépression post-expatriation qui s'installe insidieusement avec ses valises remplies de cris, de pleurs et de frustrations en tout genre. Ajoutez à cela des enfants en plein terrible 2s' et le tour est joué, les assiettes ne tardent pas à voler à travers l'appartement.

La seule bouffée d'air frais, c'est quand les proches débarquent pour nous rendre visite. Et les quelques jours passés ensemble sont d'une rare intensité: on profite au maximum de leur présence, trop courte, on les reçoit aux petits oignons pour qu'ils aient envie de revenir, on remplit le frigo jusqu'au plafond, on leur fait partager notre quotidien, on ressasse nos souvenirs en gloussant, on établit un planning de malade ponctué de musées/ballades/restos/shopping etc... Une douce nostalgie vient mettre un gros coup de pied au cul à la vilaine dépression 

Les premiers temps, j'avais plaisir à faire le guide que ce soit à Londres ou New-York qui sont 2 villes que l'on peine à découvrir en seulement 1 semaine tellement il y a de choses à faire. Je n'aime pas faire le Tour Operator mais partager la découverte de sa ville avec des gens qu'on aime, ça n'a pas de prix, même s'il faut se trimballer les nains qui n'ont pas encore le réflexe de marcher tout seuls... La poussette dans les escaliers du métro et le porte-bébé qui scie les omoplates, ça achèverait une mule...

Bref, à partir du moment où les gens font l'effort de venir nous voir, on fait en sorte de passer le maximum de temps avec eux et que ça se passe bien.

Cependant, à peine ont-ils passé le pas de la porte pour partir, que notre seule envie est de se ruer sur le canapé et de ne plus en bouger pendant 2 heures... parce que avoir du monde à la maison, c'est top, mais je dois avouer que ça me flanque sur les rotules! Que ceux qui n'ont jamais dit :"Putain!! Ils sont partis!!" lèvent la main... vous êtes de gros menteurs...

Mais cela dépend des cas, car voyez-vous, tous nos invités ne fonctionnent pas de la même façon :

1. Les invisibles
Ceux-là débarquent chez vous avec un planning déjà bien établi. Inutile de leur expliquer où aller, ils ont déjà préparé leur sac à dos avec plan, guides annotés, bouteilles d'eau et CB prête à chauffer. Passé le mystère de la MetroCard/OysterCard, je les vois à peine : ils partent juste après le petit-déjeuner et ne reviennent que pour l'apéro, les ampoules au pied, les bras chargés de cadeaux-souvenirs aussi moches les uns que les autres. Généralement, ils font en 1 semaine ce que nous n'avons jamais pris la peine de faire en plusieurs mois.

Inconvénients : on a l'impression de faire office de B&B
Avantages : c'est plus frais, zéro stress, on rigole plus

Consommation d'alcool : 8/10
Etat de fatigue : 3/10


2. Les courageux
Eux, ce sont les invisibles mais avec enfants... La maison se transforme en squat : on case les nains dans une même chambre en perpétuel bordel, les valises dégueulent dans tous les sens, les poussettes s'accumulent dans l'entrée et les repas sont épiques! 

Inconvénients : 
Il faut ressortir le lit parapluie qui prenait la poussière, expliquer que "non, j'ai jeté mon babycook et le chauffe-biberon depuis belle-lurette. Non, vous ne trouverez pas de Blédichef au Tesco. Oui, tes gamins vont bouffer de la merde non-bio pendant une semaine. Non, j'ai que des couches Taille 6 donc  oui, ça va lui arriver au niveau des aisselles". 

Les avantages :
Leur programme se cale parfaitement avec celui des nains, ravis d'avoir des copains 24/7 (parce que plus on est nombreux, plus on fait les cons)

Consommation d'alcool : 234/10
Etat de fatigue : 10/10


3. Les vieux
Parents/beaux-parents, dans le même sac, hop! J'adore les voir à la maison car les rôles s'inversent : on prend soin d'eux comme eux l'ont fait avec nous quand nous étions enfants. Le patron, c'est Bibi, donc Maman, tu reposes cette casserole. De plus, je ne sais pas pour les vôtres, mais les miens, ils pigent pas un mot d'anglais. 

Inconvénients : 
Ne jamais, ô grand jamais les laisser s'aventurer seuls même s'ils vous assurent d'être assez grands : c'est un coup à les perdre à tout jamais et je suis d'ailleurs étonnée que le Consulat n'organise pas un bureau d'accueil pour parents perdus. 
Risque d'accrochage élevé (c'est qu'on perd patience avec l'âge)

Les avantages :
On peut leur faire un programme light : un musée + un déjeuner et le tour est joué, ça les achève pour la journée. 
Ils marchent super lentement (1 pause tous les 400 mètres)
Ils sont raaaaaaavis de s'occuper des nains parce que ne vous leurrez pas, vos parents ne viennent QUE pour leurs petits-enfants. Toi, t'es juste là pour faire joli (et la bouffe).


Consommation d'alcool : 0/10 (parce que sinon, on se fait traiter d'alcoolo par ses parents) 
Etat de fatigue : 5/10



Ainsi, le dilemme de l'invité, c'est qu'on est tiraillé entre l'envie de passer du temps avec lui et celle de ne pas perturber son train-train. J'ai croisé des amis le week-end dernier qui ont déménagé d'une maison de 4 chambres à Fulham pour se retrouver dans un petit appartement de 2 chambres : leur argument était qu'ils avaient eu tellement de visites qu'ils en avaient marre de faire office de guest house.

Mais nous, nous sommes masos, nous avons fait exprès de prendre un appartement avec 3 chambres en lançant des invitations à gogo, trop heureux d'avoir raccourci la distance avec nos proches. 

Le secret? Ne pas se forcer, de-stre-sser et prévoir une petite bouteille en back-up...


Et au fait, HAPPY THANKSGIVING EVERYONE!!


lundi 12 novembre 2012

Haut les coeurs mes braves lecteurs!

J'avais le projet de vous raconter encore des trucs super passionnants comme les élections américaines, la vie à New-York après Sandy, mon anniversaire fêté avec brio samedi dernier, ou encore la problématique de recevoir des copains avec la maison en évitant au maximum de se retaper les mêmes circuits touristiques londoniens, ou encore le fait que je ne pourrai malheureusement pas être de la fête mercredi prochain pour la remise des prix des "Golden Blog Awards" à Paris. 

Mari ayant décidé de m'abandonner 3 jours cette semaine, Bobonne reste à la casa avec les Nains (on va faire péter les pizzas et les âneries à la télé, ça va être Noël avant l'heure). 

Du coup, je n'aurai pas l'occasion de faire connaissance avec tous les autres bloggeurs qui ont participé au concours et qui, à priori, font preuve de suffisamment de fair-play même s'ils ne gagnent pas. Ce qui n'est apparemment pas le cas de tout le monde, quand on voit la mauvaise réaction de certains perdants qui frisent la connerie lourde.

Bref, aujourd'hui, je vais vous parler de l'ONG Alima.

Vous serez probablement surpris de me voir faire un peu d'activisme, j'ai toujours voulu adopter un ton léger sur ce blog car dès que j'aborde des sujets sérieux, j'arrive vite à raconter n'importe quoi.

Il se trouve qu'Alima a été fondé par mon jeune cousin Augustin. Augustin fait partie de ces gens qui sont jeunes, beaux, ultra-brillants et qui en plus se sentent concernés par la misère dans le monde. Il y a des gens comme ça dont l'implication dépasse la normale et qui se donnent les moyens de faire aboutir leurs projets qui, dans ce cas précis, consistent à sauver des vies. Respect.

Il faut des moyens financiers et du réseau certes, mais il faut avant tout des hommes et des femmes prêts à partir des mois, des années pour occuper le terrain. On a tous rêvé un jour de partir en mission humanitaire, se frotter à la misère humaine, apporter du sens à sa vie en donnant son temps à autrui. 

Mais dans le cas d'Alima, le destin a joué un vilain tour et j'ai appris avec effroi qu'un de leurs collègues, Aimé, s'est fait assassiner lors d'une mission au Niger, laissant derrière lui son épouse, son petit garçon d'1 an, Espoir et probablement une famille plus élargie qui dépendait de son salaire.

Bien sûr, l'information ne transpire nulle part aux infos, cela n'a apparemment pas assez d'importance... Dans quel monde vivons-nous...

Si vous souhaitez aider sa famille, qui n'a plus rien, il vous suffit juste d'envoyer vos dons, ici.

Merci.

mardi 30 octobre 2012

Une Dinde à Marrakech

Avant de vous narrer mon périple à Marrakech, je tenais une fois de plus à remercier tous ceux qui ont pris la peine de cliquer pour que je fasse partie des 10 shortlistés des Golden Blog Awards, catégorie "Touriste". 

Je dois vous avouer que j'en suis la première étonnée et j'ai un peu honte d'apparaître au milieu de tous ces très bons blogs qui font passer le mien pour un Ovni tellement mes photos sont moches et le contenu limite "trash" comme le dit ma maman (qui a pas fini de se lamenter sur le vocabulaire inconvenant de sa petite dernière...). La suite n'est plus entre mes mains mais à l'appréciation d'une poignée de personnes qui constitue ce que l'on appelle un jury et qui donnera les résultats d'ici 15 jours.

Bref, pour fêter tout ça, rien de mieux qu'une petite escapade de 4 jours à Marrakech sans les Nains pour fêter les 40 ans d'un de mes meilleurs amis, désireux de rassembler ses proches avant de s'envoler pour 6 mois à l'autre bout du monde.

Marrakech, c'est un peu comme New-York : tout le monde connait... sauf Mari et moi qui n'avions jamais mis les pieds au Maroc alors que belle-maman est née à Rabat! Qu'à cela ne tienne, on m'a quand même chargée de trouver un riad pour la première nuit avant de nous laisser embarquer dans un programme surprise.

Des riads à Marrakech, y'en a à peu près 250 et rien que l'idée de faire le tri m'a donné le vertige avant même de partir! Au final, on a décidé de rester raisonnable niveau tarif (parce qu'on peut vite se faire allumer pendant les vacances scolaires) et c'est comme cela que nous avons atterri au Riad Ma'ab, en plein coeur de la Médina. 


Je n'ai pas pour habitude de faire de la pub intempestive mais Houssein et Sana ont tout de suite repéré que nous étions de gros boulets et se sont occupés de nous avec une gentillesse et une discrétion qui m'a légèrement décontenancée... Surtout que débarquer au Maroc en pleine fête de l'Aïd, c'est se retrouver dans des rues désertes, boutiques et restaurants fermés et j'ai eu honte d'avoir fait poireauter notre chauffeur 1h30 à l'aéroport (merci Easyjet qui essaye de faire concurrence à Air France dans le genre nase) alors qu'il devait retrouver sa famille pour le dîner... Connards de touristes... 

Bref, le lendemain, nous sommes montés dans la navette sans savoir où nous allions et nous avons atterri là :


Moi au début, j'ai un peu fait la moue car 
1. J'aime pas le camping
2. J'ai peur des chameaux

Mais après, il faut dire que tout a été organisé pour que les 40 invités se sentent au top...






Je vous passe la soirée, les cracheurs de feux, l'orchestre folklorique, l'alcool qu'on a servi après que les flics soient partis, l'orgie de couscous (vous ai-je déjà dit que je c'est de très loin mon plat préféré?) et les 2 bouffonnes qui ont voulu aller se baigner dans le barrage à 2h00 du matin mais qui se sont rétractées quand le voisin a lâché les chiens sous les applaudissements hilares d'une poignée de copains qui n'ont bien sûr pas bougé leurs fesses pour les secourir... (oui, j'ai eu la peur de ma vie...).

Le lendemain, nous sommes partis pour une autre destination surprise, à 1h00 de marrakech, dans un hôtel idyllique, des rosiers blancs à chaque mètre abritant quelques paons dodus, un spa pour poufs au milieu et des chambres au calme... On a pris le temps... de retrouver des amis de longue date, ceux que je ne vois qu'une fois par an entre tous ces expatriations à gogo, que j'ai eu peur de perdre mais qui sont toujours là. Prendre le temps de se raconter nos vies, montrer les photos de nos enfants qui grandissent trop vite, trop loin, rire, boire, dormir, nager, se faire papouiller et se câliner, rire encore puis danser avant de s'écrouler de bonheur, en oubliant que le moment de se dire adieu arrive dans seulement quelques heures.
 
Au final, je n'ai donc quasiment rien vu de Marrakech et j'ai du faire mes emplettes à l'arrache à l'aéroport hier... J'y retournerai donc, ne serait-ce que pour me rappeler des lieux où nous sommes passés et me laisser bercer par la gentillesse des marocains et m'émerveiller à nouveau devant la beauté de leurs femmes.

D'ici là, je croise les doigts pour mes amis restés à New-York, victimes de la fureur de Sandy (pire qu'Irène cette salope) et les images apocalyptiques que je voie circuler sur Facebook sont impressionnantes! Tenez bon, je pense très très fort à vous!

vendredi 19 octobre 2012

Gloire aux Dindons, mort aux cochons

Et bien on peut dire que j'achève la semaine sur les rotules... Et pourtant je ne bosse pas (encore)...

2 causes principales à cet état de fatigue :
1. Je ne réfléchis pas avant de dire oui
2. Je suis officiellement alcoolique

Pour ceux qui n'ont pas suivi l'affaire, j'ai en effet été interviewée par France Inter mardi matin pour la matinale de 5 à 6.  Il faut savoir que, depuis septembre, Guyonne de Montjou interviewe tous les matins un français expatrié. Ca dure 4 minutes à tout casser mais cela donne la parole aux français établis hors de France ayant des parcours différents.

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Lundi, je reçois donc un mail pour participer à cette interview en direct, qui, je cite, "veut montrer l'éclectisme et le dynamisme de la communauté francophone dans le monde". A première vue, je ne suis pas forcément le profil idéal vu que je moule rien de mes putain de journées...

Bref, la jeune femme m'appelle, me pose des questions sur mon parcours et puis là, question piège :

J. : "On aimerait également parler de l'actualité à Londres, y'a-t'il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos auditeurs?"

Zaza : " Heu... Bah... Ch'ais pô moi... je regarde pas les infos"

J. : "Sur votre dernier article, vous parlez de 50 shades of Grey..."

Zaza: "Ha oui, la blague porno de la rentrée littéraire qui sort demain en France"

J. : "Voilà, vous pourriez parler de ça!"

Voilà, Zaza, c'est celle qu'on appelle pour parler de cul en direct. J'adore...

J. : "Par contre, l'interview se déroule à 5h20 heure française, soit 4h20 heure londonienne, ça ne vous dérange pas de vous lever demain matin?"

Zaza : "Pas de souci, j'adore me lever à 4h00 du matin!"

Bref, je raccroche et là, j'ai juste envie de me cogner la tête contre le mur... 4h00 du matin, c'est pas humain mais je ne me voyais pas les planter la veille.

Le lendemain matin, je m'extirpe non sans mal du lit à 4h00 du matin, je me fais un café, je fume au moins 2 clopes, je crache tous mes glaviots histoire de pas avoir une voix de camionneur, je commence à stresser, le technicien m'appelle à 4h18, me met en attente avant l'interview, je lâche un énorme rot des familles (le dernier glaviot) en réalisant que toute l'équipe technique a du m'entendre et c'est parti!

Le résultat est sur ce podcast à caler sur 20mn et 40 sec (merci mille fois à ma fidèle Christine pour le lien, vous vous doutez bien que je n'avais pas réussi à retrouver l'enregistrement toute seule). Bref, j'ai un peu trop bavassé mais j'estime m'en être pas trop mal sortie. Mon seul regret, c'est de ne pas avoir eu le temps de faire ma revue littéraire sur 50 stades of Grey, même si au final, j'aurais bien fini par malencontreusement sortir "nichons" ou "partouze" et passer pour une tarée...

Bref, la prochaine fois, j'enverrai France Inter interviewer mes copines de New-York, ça sera plus raisonnable en matière de décalage horaire!


Cette semaine, j'ai retrouvé la petite bande de l'apéroblog au 6 St Chad's Place. Comme toujours, on boit, on rit, on papote jusqu'à la fermeture du bar, moment fatidique où le barman nous gratifie de cocktails "maison". 

Il me semblait bien avoir un peu trop picolé à cette soirée et Fabienne m'a gentiment envoyé cette photo pour me le confirmer...

No comment...


Et puis, la grosse surprise de la semaine, c'est de découvrir que mon blog se retrouve dans le top 20 catégorie "Voyages/Tourisme" pour les Golden Blog Awards que j'ai fait péter la barre des 500 fans sur ma page facebook !!

Je n'ai pas pour habitude de me pavaner mais je tenais à remercier mes lecteurs de leur soutien sans faille, même si je sais qu'au final, c'est pour avoir le plaisir de ricaner en visionnant ma séance de pole-dancing comme je l'avais (très bêtement) promis. 

Donc, oui, si je gagne (et ça les copains, c'est loin d'être gagné!! Ha!!), je tiendrai ma promesse et vous ferai une démonstration version "50 shades of Grey" : en talon, menottée au pole et Mari qui me donne des coups de fouet si je foire mon spining.

Par contre, pas question de me mettre quoi que ce soit dans l'anus... Faut pas non plus pousser le bouchon trop loin...




mercredi 10 octobre 2012

Tie to me

Contrairement aux apparences, je n'ai pas beaucoup de personnalité et je n'essaye pas d'avoir un avis sur tout. Ce qui m'amène à faire des choses idiotes comme suivre le buzz de la fameuse trilogie "Fifty Shades of Grey" et acheter les 3 volumes, non sans honte, dans la librairie du coin, flanquée des 2 nains...





Je vais reprendre très rapidement les principaux défauts de cette trilogie, beaucoup ont écrit dessus (notamment cet excellent article de Caro dont la vidéo m'a fait rire aux larmes) et je ne vais pas essayer de faire mieux. Tout le monde en parle, tout le monde l'a lu et on croise souvent dans le métro des femmes d'âges variables prendre une teinte colorée à la lecture de ces romans.

Donc oui, dès les 2 premières lignes, force est de constater que c'est mal écrit. Même très mal écrit sauf si on considère que l'auteur a 12 ans (ce qui n'est heureusement pas le cas...). 

Le scénario est débile à souhait : prenez une bonnasse de 22 ans vierge (déjà, ça fait grincer les dents car on sait que ça n'existe pas, il est connu que nous sommes toutes de grosses salopes) qui croise la route d'un multimillionnaire de 28 ans super hot (à part les fondateurs de Facebook, c'est complètement irréel) tendance masochiste-qui-aime-les-jouets-qu'on-met-là-par-où-on-fait-caca (ça, par contre, il suffit d'aller faire un tour chez Harmony ou sur Internet pour réaliser que c'est très courant!) et qui porte 1 pantalon en flanelle qui lui va trop bien, surtout quand il se caresse les cheveux (environ toutes les 4 pages).

L'héroïne nous gratifie d'interjections telles que "Wooow" ou "Gaaah" ou "Holy shit" ou "Hmmmmm", le romantico-pervers utilise des "Ho yes Baby, you are so wet I want to fuck you right now" toutes les 2 pages et je dois admettre que je ne sais pas comment j'ai pu arriver au bout des 2 premiers volumes tellement c'est douloureux. 

Oui, car j'ai jeté l'éponge au début du 3ème volume, c'était au-dessus de mes forces et je ne saurai donc jamais si elle finira en cloque ou non la salope.

Cependant, c'est un livre que je conseille à toutes les femmes expatriées, en particulier celles qui ne parlent pas anglais.

Tout d'abord parce que le vocabulaire est simple, les constructions de phrases niveau CP et c'est tellement répétitif qu'à un moment, vous n'aurez même plus besoin de votre dictionnaire français/anglais pour comprendre ce que signifie "whipped", "biting your lip", "gazes at me","nod his head on one side", "leather cuffs" et "totally unacceptable" surtout quand il fait péter le "butt plug".

Donc non seulement vous ferez des progrès en anglais, mais en plus, vous élargirez vos connaissances en matière de "sextoys". Personnellement, grâce à ce livre, j'ai enfin pu savoir à quoi servait ces 2 machins que ma boss conservait jalousement sur son bureau.

Ainsi que cet autre machin, le fameux "butt plug" à ne pas confondre avec un bouchon de bouteille parce que si vous faites ça, no way je viens diner chez vous!




et enfin ce truc ("anal bead") à tenir hors de portée des enfants pour leur éviter de choper toutes sortes de maladies dégueulasses...






Le principal argument de ceux qui m'ont conseillée de l'acheter était le suivant : "Tu verras, c'est hyper cochon". 

Personnellement, il m'en fallait pas plus car, ne nous leurrons pas, la vie sexuelle d'un couple expatrié avec 2 enfants, tout de suite là, à froid, ça fait pas mouiller... Alors pourquoi ne pas se laisser émoustiller par un livre qui décrit dans les moindres détails des parties de jambes en l'air sur un fond de romance (oui, parce que la bonnasse vierge tombe amoureuse du super beau millionnaire qui lui aussi tombe super grave amoureux mais que tu comprends qu'il a des démons intérieurs qu'il faut qu'il combattent parce que ça pourrit ses relations avec les meufs tout ça)?

Conclusion : 
Oui, lisez-le si vous êtes une tâche en anglais et que vous avez une vie sexuelle ennuyeuse à dormir.
Non, ne le lisez pas si vous ne voulez que votre mari, tout comme le mien, s'amuse à vous mettre des fessées chaque fois que vous passez à moins de 30 cm de lui et vous fasse de gros clins d'oeil lourdingues en rangeant soigneusement tous les bouchons de bouteille...

vendredi 28 septembre 2012

Tu quoque mi Fili...

Attention, article pavé dans le Pho... 2 articles dans la même semaine, mes lecteurs vont friser l'arrêt cardiaque mais il se trouve qu'un petit événement m'a chiffonnée toute la semaine...


Nain est rentré tout guilleret de l'école cette semaine en criant : "tching-tchong! tching-tchong!!! tchiiiing-tchôôôôôông!!"

Cela m'a heurté les oreilles non seulement parce qu'un enfant qui hurle dans le salon, c'est pénible mais surtout parce que ce terme n'est pas aussi anodin qu'il n'en a l'air. 

tching-tchong, c'est un peu l'équivalent de négro ou bougnoule, version asiatique. Plus jeune, j'ai surtout encaissé des "chinetoque", "jaune d'oeuf" ou autres vexations alors que le meilleur terme pour ma part est "niakwé", injure raciste qu'utilisaient les colons au Vietnam pour désigner la population locale. 

Bref, ce genre de terme n'a rien de sympathique, même s'il est lancé comme une boutade, et les personnes qui utilisent ce genre de terme le sont encore moins. Certains vont monter au créneau en disant que "tching-tchong" est moins injurieux que négro ou boukak. 

Et bien non. C'est tout aussi vexant (du moins pour ma part et 80% des asiatiques que je connais) et en tolérant ce genre d'appellation, on ouvre la porte grande ouverte à un tas d'abrutis qui n'hésitent pas à utiliser ce genre d'insultes dans leur langage de tous les jours : en gros, on prend le risque d'une banalisation des injures racistes.

Bien sûr, en grandissant, il faut apprendre à flotter au dessus (ou en dessous) de ces provocations et la meilleure réplique reste le dédain (même si un bon vieux "et toi tu pues du bec et ta mère elle suce des bites" peut s'échapper malencontreusement, faudra pas nous en vouloir...).

Mais revenons plutôt à Nain :

Nain : "tching-tchong! tchong-tchong!"

Zaza : "Dis donc toi, d'où tu sors ce mot??"

Nain : "C'est un grand à l'école qui m'appelle comme ça!"

Zaza : "Et ça lui arrive souvent de t'appeler comme ça??"

Nain : "Oui, tous les jours! Parfois il m'appelle par mon prénom mais il préfère tchin-tchong"

Zaza : "Et il est en quelle classe? il s'appelle comment?? (je veux aussi son nom de famille, le N° de sécurité sociale de ses parents, son adresse, son gabarit etc...)

Nain : "Je sais pas c'est un grand!"

Bref, Mari et moi nous regardons avec fronçant les sourcils et la louve qui sommeillait en moi commence à se limer les griffes en hurlant des "ahouuuuuuuuu-ahouuuuuuuu"!!!

Zaza : "Putain je vais me le faire celui-là, je vais choper ses parents entre 4 yeux et leur expliquer que s'il continue comme ça, leur fils va se prendre un aller-retour bien mérité"

En fait, je vous ai menti, je n'ai pas vraiment pris en maturité sur le sujet et comme je suis plutôt soupe-au-lait, ça risque pas de s'arranger....

Mari, toujours zen-y m'énerve : "Ecoute, n'en faisons pas un drame. Il s'en fout parce qu'il ne comprend pas que c'est une injure. Et puis ce ne sont que des enfants, quand ce n'est pas sur la couleur de peau, les enfants s'envoient des insultes sur le poids, les traits disgracieux, les mauvaises notes, les fringues moches. J'ai déjà entendu ton fils traiter un de ses copains de "gros".

Zaza : "N'empêche que ça soule... On fait quoi alors? On dit rien? On en parle à la directrice de l'école? je fais un post sur facebook? On-fait-quoi??"

Mari : "...."

Zaza : "..."

Nain : "Tchin-tchong!! Tchiiiiiinnnnn-tcccchhhhhoooooong!!!!"

Oui, on fait quoi quand son enfant commence à se faire insulter sur sa couleur de peau? 

J'avais jusqu'à présent mis Nain à l'abri : expatriation à gogo (comme je l'avais expliqué dans cet article précédent les élections, les expatriés votent très rarement extrême-droite, c'est illogique!), écoles privées, milieu bourgeois, uniforme obligatoire mais au final.... Tout comme moi, parachutée de la 6ème à la Terminale dans un établissement de bonnes soeurs, les filles de couleur se comptaient sur les doigt d'une main.

Ainsi, Nain se retrouve un des rares enfants de couleur dans sa petite école et ma grande crainte est que tous les autres enfants l'appelle de la sorte, comme une blague collective...

Je savais bien pourtant que cela arriverait un jour ou l'autre, je ne vais pas pouvoir le protéger toute sa vie contre les injures racistes : il est jaune, il est jaune, y'a rien à changer. Point barre.

Ha.... "tu quoque mi fili", tu vas devoir en encaisser des blagues vaseuses mais maman va t'apprendre à te défendre et surtout, à ne pas accorder tant d'importance à la méchanceté gratuite et à la bêtise humaine, tout en restant digne et respectueux des autres...

Nain : "tchin-tchooooooooong"

Zaza : "Bon, ça va, on a compris! Et tu lui réponds quoi au grand quand il t'appelle comme ça!"

Nain : "Je lui dis : espèce de crapaud!!"

Zaza : "C'est bien mon fils!! Je suis fière de toi!"


Et la prochaine fois, tu lui diras qu'il pue du bec et que sa mère, elle suce des bites...