jeudi 26 juin 2008

Cas de Force Majeure

En tant que Femme au Foyer, on peut aisément penser que j'ai beaucoup de temps libre.

Bien entendu, vous trouverez toujours des non-parents bienveillants et enthousiastes pour clamer avec vigueur que Oui, être Maman Full-Time, c'est du boulot, alors qu'au fond d'eux-mêmes, ils n'en sont que mollement persuadés... En effet, je ne suis pas obligée de passer des heures collée à un ordinateur pour remplir des objectifs qu'un chefaillon tendance nazillard me collerait sur le dos.


Or, le Temps Libre, de manière absolue, ca consiste en quoi?


Selon son caractère ou ses goûts, les façons de combler son temps libre sont nombreuses : glander au lit avec un bon bouquin ou tout simplement y rêvasser, faire de longues ballades agrémentées de pause cappuccinos sur un banc constellé de crottes de pigeon, mater les rediffusions de la Nouvelle Star, arpenter les magasins aux heures de pointe; certains poussent même le vice à organiser des sorties culturelles ou ... faire du sport... Chacun son truc...

Ca, mes cocos, c'est du temps libre : le genre de trucs que vous, braves travailleurs sans enfants, faites le week-end ou les jours bénis de RTT.

Avant l'arrivée de Nain, Mari et moi avions une très haute conception de la façon de profiter de nos week-ends. Applatis comme des étoiles de mer au fond de notre lit, nous pouvions passer des heures à lire des BD, jouer à la PS2, faire mumuse avec Internet, tout ça sans mettre le nez dehors... Sauf en cas de force majeure... En effet, nous devions parfois nous extirper de notre antre malodorante pour remplir notre estomac, acheter des clopes et avoir un semblant de vie sociale. Et puis un jour, Nain est arrivé dans notre vie et a pris place dans notre caverne : "Bienvenue Young Padawan, tu vas découvrir avec tes parents, l'Art Ultime de la Glande".

Or, le problème des enfants, c'est qu'ils sont incapables de glander... J'ai même parfois l'impression que Nain gobe des acides en douce : de 8h00 à 20h00, c'est du non-stop.

Pour bouffer son temps d'énergie (et par là-même user le mien), je l'ai donc inscrit à plusieurs ateliers : Foot (http://www.kiddikicks.co.uk/), Piscine (http://www.aquababies-uk.com/), Stimulation en Groupe (http://www.crechendo.com/), sans compter les ateliers musique à l'église et la Crèche Multi-Culturelle (http://www.lloydwilliamsonschools.co.uk/). Ca, c'est pour mes petites camarades londoniennes en manque d'inspiration pour occuper leurs mouflets...

Et bien malgré tout, ces activités ne sont pas suffisantes... Et vas-y que je fais de la trotinette pendant 1h00, que je fais 47 fois le tour du même arbre, que je me tape des sprints, que je saute à pied joints dans les flaques, que je colle des roustes aux copains, que je m'entraîne au lancer de poids avec tout ce qui traîne, que je me vautre, que je me relève, tout ça en poussant des cris.

Et le problème, c'est que :

1. On ne peut pas laisser un enfant de 2 ans faire ça sans surveillance : faut lui coller légèrement aux basques si on ne veut pas qu'une catastrophe arrive et qu'on se retrouve lapidée au parc par des mères indignées.
2. On ne peut pas non plus laisser un enfant s'ennuyer... C'est trop glauque à regarder...

J'ai pourtant maintes fois essayé de lui apprendre la délectation pure de rester pépère sans rien faire...

Zaza (2 de tension) : "Dis-moaaaa, tu veux pas lire une petite histoire avec maman, là , dans le lit?"

Nain (shooté) :"Nan-nan, vélo, vélo, train, train, voiture, car"

Zaza (chantage affectif) : "Et un petit câlin avec maman, tout doux-tout gentil, ça te dit pas?"

Nain (high) :"Nénette Parc"

Zaza (sursaut): "Quoi??? tu veux retourner faire de la trotinette au Parc??!! Mais on a déjà passé 1h00 au parc ce matin? Tu préfères pas jouer tranquillou avec TON train dans TA chambre au lieu de ME faire ch.....aud au coeur?"

Nain (dans le cosmos) : "NENETTE PARC!!!!"


Je referme mon livre avec rage et dois lever mon gros derrière si bien installé dans le canapé pour me retaper une sortie ultime au parc où je vais, une fois de plus, traîner de la patte derrière un missile. Car voyez-vous, avoir un enfant, c'est vivre avec un Cas de Force Majeure qui m'éloigne au fur et à mesure de mon Temps Libre.

Dieu Merci, Télévision est là pour neutraliser le CFM sus-cité...

dimanche 22 juin 2008

Investigations

Je viens de me plonger avec délectation dans la lecture de la fameuse trilogie "Millenium" : un bon polar issu de la patrie d'Abba (Amen...) où les gentils sont très très intelligents et les méchants très très tordus. Donc, les très très gentils démasquent les plans foireux des très très méchants en menant des investigations poussées et en faisant subir des interrogatoires menés avec brio (et sans violence surtout hein?) aux moyens méchants.

Ce dernier point me fait d'autant plus sourire que je suis moi-même l'objet d'interrogatoires quotidiens.

N'allez pas croire que je mène une double vie de psychopathe (même si certains jours, on frôle l'infanticide). Non, j'ai une vie pépère à la maison avec Nain, les copines et mon Vaio, mon emploi du temps reste assez figé et les jours s'égrainent ainsi tranquillement sans qu'on vienne m'emmerder.

Et pourtant, TOUS les jours, Mari m'appelle pour connaître l'exacte composition de mes journées. Pire que ça : il me trace. Je ne répond pas sur la ligne fixe? Dring dring, la seconde d'après mon portable sonne. Je ne répond pas sur mon portable? Glop glop. Petit message instantané sur Skype (remarquez, maintenant, je lui ai interdit d'utiliser ce logiciel de malheur). Je ne répond pas sur Skype? Retour à la case départ, puis solution ultime : il appelle sur le portable des copines... (Petit Voisin Chéri fait ça aussi!).

Difficile d'échapper à sa traque, il finit toujours par me joindre et il finit donc TOUS les jours à m'imposer son interrogatoire.

Mari : "T'es où?" Indice de lieu

Zaza : "Dehors"

Mari : "Et tu fais quoi là?" Indice d'action

zaza : "Ben je marche"

Mari : "Tu es avec ton fils?" Recherche d'alibi

Zaza : "Soupir. Il est 16h00, tu sais très bien que ton fils ne va pas à la crèche aujourd'hui, donc oui, je suis avec ton fils"

Mari : "Il va bien?" Insinuation 1

Zaza : "Soupir. Je n'ai pas encore décidé de lui amputer les bras pour qu'il arrête de balancer tous ses jouets, donc oui, il s'est bien éclaté ce matin"

Mari : "Et... il a bien déjeuné?" Recherche d'éléments annexes

Zaza : "Soupir. Ecoute, tous les jours, c'est jambon-coquillettes, ca plante jamais donc OUI, il a bien déjeuné!"

Mari : "Et après? Il a fait une sieste?" Commencer à mettre un peu la pression

Zaza : "Boarf... Pas vraiment mais il est resté tranquille..."

Mari : "Hoo, pauv bébé! Réaction empathique pas du tout professionnelle. Et vous allez où comme ça?" Indice de direction

Zaza : "Dans ton c...!!"

Et là, voilà, je perd mes moyens. Je craque. Si jamais je devais passer un interrogatoire dans une affaire quelconque, j'irai direct en Salle de Relaxation avec des matelas collés au mur. Je sais que Mari est très soucieux de savoir ce que nous faisons de nos journées et il attend une réponse directe et précise à toutes les questions qu'il me pose. Je ne collabore que mollement...

Mari : "Je t'emmerde là non?" Question pertinente

Zaza : "Maiiis nooon! Mais on se voit dans exactement 3h30, d'ici là, le monde ne va pas s'écrouler, nous ne vivons pas dans une zone dangereuse avec des sadiques à tous les coins de rue, ton fils et moi sommes en parfaite santé, donc arrête de m'appeler pour me poser toujours les mêmes questions!"

Mari : "Mouais. OK". Coupable. Coupable. Coupable.

Bref, Super Investigateur raccroche et mon corps stressé tremble de toutes parts. J'ai perdu mon sang-froid et j'attend avec angoisse le soir où il rentrera avec des menottes.

Parce que là, je sens que je vais passer un sale quart d'heure...

jeudi 19 juin 2008

Happy Birthdays

Aujourd'hui, Grand Frère m'a flanqué 1 gros coup de taser via Skype... enfin... plutôt 2...

Grand Frère : "Ben aloors?? Zazainlondon?? La dinde? Une seule entrée pour le mois de Juin!!"

Zaza : "Ch'uis débordée"...
Délectez-vous de ce pieu mensonge... Devoir avouer que l'arrivée du Printemps a fait pousser le poil que j'ai dans la main en un magnifique sequoia n'est pas mon genre. Non non non. Je préfère de loin fabuler sur une vie trépidante que d'admettre être une énorme feignasse.

Grand Frère : " Ouais. T'as même oublié mon anniversaire! Magnifique..."
Rrraaa, il m'a grillée!! Damned! Mon frère n'ayant pas moins de 6 soeurs, je pensais me planquer en douce derrière les nombreux appels qu'il a du avoir...

Zaza : "Heuu.. je t'ai envoyé un texto!"
Et pan. Le coup du sms envoyé en lousedé, ça marche à tous les coups.

Grand Frère : "Le 18 tu l'as envoyé! Pas le 17!"
Ben dis donc il s'arrange pas avec l'âge le frérot. Voilà qu'il scrute son calendrier comme une mémé...

Grand Frère : "Ton cadeau, ca sera une entrée (caustique et ironique) dans ton blog!"
Ca, je sais ce que ca veut dire... Ca veut dire : "Tu seras bien gentille de pas m'offrir une merde comme les rares années où tu as pensé à mon anniversaire. Je préfère de loin lire tes âneries que d'être obligé de m'extasier de bonheur devant un T-shirt moulant avec un chien dessus!". Oui, car ce n'est un secret pour personne, Grand Frère a un amour immodéré pour les chiens, même les plus repoussants... Je vous le dis, il s'arrange vraiment pas avec l'âge.

Donc, au final, me revoilà devant mon blog que j'ai honteusement abandonné durant quelques semaines, tout ça pour satisfaire les exigences du Dommage Collatéral (je parle de Grand Frère).

Personnellement, j'adore les anniversaires. Ils sont sans surprise et j'aime ça.

Premièrement, ça tombe toujours à la même date. C'est assez pratique de savoir que 1 jour par an, je serai le sujet de toutes les attentions ("Oubliez surtout pas l'anniversaire de zaza, elle va piquer une crise sinon!!").

Deuxièment, c'est quand même sympa de recevoir des cadeaux chaque année alors qu'on s'est juste donné la peine de naître. C'est toujours avec fébrilité que j'ouvre les cadeaux de ma Mère, elle ne se plante jamais : dans le lot, je sais que je trouverai une théière en forme de cochon, un petit top de chez Zara taille 42 ("Ohhh, je me suis encore trompée de taille??! Tu fais du 38??! Ha bon...") et un petit collier en toc "mais têêêêllement ravissant". Mais, cette année, j'ai aussi eu droit à un plateau de service en plastique représentant un cerf (??) entouré de feuillages (???). "C'est pour servir le thé. Comme tu habites à Londres, tu dois boire du thé non?". Décidemment, j'aime pas les surprises.

Troisièmement, ça permet aux amis de se rappeler à votre bon souvenir. "Ouais zaza, happy birthday! Tu noteras que le mien c'est dans 3 semaines hein?". Je note, je note. Puis j'oublie, j'oublie. A moins d'avoir Oultook greffé dans le cerveau, il est impossible de se rappeler des anniversaires de toutes les personnes qui composent votre nébuleuse sociale et familiale. Et puis surtout... ça fait moins de cadeaux à faire.

Mais j'y pense, Nain va fêter ses 3 ans au mois de septembre et j'ai cru comprendre que je devais lui organiser un anniversaire, pour compléter l'album souvenir. J'ai toujours fêté son anniversaire en petit comité (Moi, Mari, Nain), j'aime bien l'intimité et rien que l'idée d'avoir 15 enfants à la maison qui jouent au concours de "celui-qui-fera-la-meilleure-imitation-de-la-réincarnation-de-Lucifer-sur-Terre" me flanque une frousse pas possible.

Mais là, pas moyen d'y échapper, il va comprendre qu'il y a un truc qui cloche et j'ai surtout pas envie qu'il vienne me voir un jour, avec son regard abattu en me sortant "Dis-moi Maman, pourquoi j'ai jamais eu d'anniversaire avec mes copains?"... "Mmmm... Parce que Maman, ça la gonfle??" Non, non, non... Je peux pas faire ça. Allez, les amis, je l'annonce haut et fort, rendez-vous à Hyde Park mi-septembre. Venez avec vos marmots, y'aura des ballons, des smarties, du champagne et je vais bien réussir à trouver un clown-jongleur pour faire peur aux enfants!!

PS : Oubliez pas les cadeaux...



Comme vous pouvez le constater, Grand Frère maîtrise mieux l'expression extatique de

La Joie de Recevoir un Cadeau

jeudi 5 juin 2008

Enfant, entends la voix du Seigneur

Notre séjour parisien s'est achevé en beauté par le très émouvant mariage de 2 de nos énergumènes qui forment notre joyeuse bande londonienne.

Rassurez-vous, je ne ferai pas de laïus cyniques sur les serviettes qui tournent, les discours interminables, le DJ qui ne passe que des remix, les nymphomanes (filles comme garçons) qui allument sans beaucoup de discernement ou les videurs qui sont obligés de raccompagner, à coups de pied au cul, les 20 derniers alcoolos qui ne se décident pas à déskotcher du bar. Je tiens cependant à passer un petit message au directeur du Jardin d'Acclimatation où s'est déroulé le mariage : nous offrir la possibilité d'organiser des fêtes dans un endroit aussi magique est certes très louable, mais tout de même... c'est complètement inconscient de laisser vos pauvres animaux à la merci d'une bande d'ivrognes lobotomisés...

Mais revenons à nos moutons....

Ce mariage était également l'occasion pour nous d'assister pour la toute première fois à une messe oecuménique: je ne ferai pas plus longtemps étalage de mon inculture mais pour ceux dont le cerveau s'apparente à une quiche, il s'agissait d'un mariage protestant. Comme vous le savez, Nain n'est toujours pas baptisé. C'est Mari qui organise. Moi, je me contente de ricaner bêtement dans mon coin.

Nous avons tout de même souhaité l'emmener : "45 minutes max les cocos!" nous avait promis le marié. Mouais, ca devrait aller : 2 compotes, 2 paquets de gâteaux, un peu d'eau et Mari en back-up, je peux facilement neutraliser Nain pendant plus d'1/2 heure. Parce que avouons-le, des enfants qui braillent pendant une messe, c'est assez pénible (même quand on ne suit rien).

La mariée arrive enfin, tout le monde se rassoit : j'ouvre alors le buffet.

Accueil par le Pasteur : slurp, 1ère compote...

Chant de transition : slurp, 2ème compote...

Lecture : allez, j'ouvre délicatement le 1er paquet de gâteaux que Nain m'arrache des mains avec avidité. Scrounch, scrounch. "A pu gâto". "Oui, ben ca devrait aller là non?"

Nain se rassoit (euh oui, j'ai oublié de préciser qu'il a pris son goûter par terre), observe avec attention les vitraux et chuchote à mon oreille de regarder les étoiles qui tapissent le plafond. Haaaaa, quel soulagement de savoir que mon fils n'est pas insensible à la majesté de lieux sacrés!!

Le prêche peut commencer, tout est un-der-con-trol...

Et puis voilà, c'était trop beau pour être vrai. Nain baisse la tête pour réussir à attrapper son zizi et découvre... avec stupeur... que oui... il reste encore 1 paquet de gâteaux... Mmmmerrrrddeeeuuuu.... Trop tard, impossible de le cacher en vitesse, nous sommes en plein sermon, à quelques mètres des mariés, je suis obligée de dégainer mon arme secrète avant que le ton monte. Je décoche mon plus large sourire à mes voisins de rangée et agite les-dits gâteaux sous le nez d'un Nain en transe. Scrounch-scrounch, z'ont pas fait long feu les biscuits...

Bilan de l'opération "neutralisation à la messe" : nous n'en sommes qu'à la moitié de l'office et Nain entame déjà la phase 1 du nervous breakdown. J'ai épuisé toutes mes réserves de nourriture, nous sommes coincés au milieu d'une tranchée, les regards désapprobateurs fusent et Mari, mon seul allié possible, parti à la rescousse d'un témoin qui n'arrivait pas à garer sa voiture, n'a pas pu nous rejoindre avant que ne commence la cérémonie.... Cruel destin...

A la messe comme à la guerre, je rassemble mes forces, retiens mon souffle, prend Nain sous le bras, soulève ma robe jusqu'au genoux et tente une sortie ultime. Hurrreeeyyy!!! Victoire!!! Nous nous extirpons du rang la tête haute pour filer direct au fond de la salle où je retrouve Mari et d'autres parents aussi vernis que nous.

Je ne voudrais pas être pessimiste, mais si Nain se fait bientôt baptiser et qu'il doit rester en place plus de 45 minutes, va falloir prévoir un bon stock de bouffe.... à défaut d'une bonne éducation...

mardi 27 mai 2008

Les Trésors de la Mer

La Normandie.

Dès les premières inspirations, je sens déjà l'air salin caresser mes narines. Pas un gramme de pollen à l'horizon (il ne fait pas le poids au bord de la mer ce freluquet...), un soleil franc et le taxi qui m'attend pour m'emmener à l'hôtel. Pas le temps de vider le minibar et zapper sur toutes les chaînes offertes, j'enfile mon maillot et mes tongs et fonce direct à la Thalasso où m'attendent mes petites masseuses pour une cure Detox.

Description :

"La pollution, le stress, la fatigue marquent votre visage de façon visible?". Ouais. L'alcool, la cigarette, la totale absence d'activité sportive et Nain qui a sauvagement raccourci son temps de sommeil aussi.

"La cure Detox “visage “ et “corps” vous permet de vous ressourcer et d’éliminer les toxines de votre organisme le temps d’un week end (2 à 3 jours)". Bon, si je comprend bien, en 2 jours, je peux espérer retrouver un semblant d'éclat sans avoir à chambouler mes mauvaises habitudes.

J'ai certes une vision assez restreinte de la Thalasso : on arpente les couloirs en peignoir avec des sandales en plastique qui font flop-flop, au milieu de sexagénaires fripées qui sautillent au milieu de la piscine comme dans un bain de jouvence. Bref, on me plonge d'abord dans un bain d'algues, on me badigeonne d'une crème verdasse, on m'enveloppe dans une espèce de couverture opaque, on extirpe difficilement les points noirs qui constellent mon nez, on gratoune mes peaux mortes aux sels marins, tout ça sur un fond de musique péruviennes à la flûte de pan.

Tiens, tiens, et si j'en profitais pour faire un petit bain de soleil? Je monte au solarium où je retrouve mes petites sexa et là, VLAN, je laisse tomber mon peignoir pour dévoiler avec arrogance mon corps de trentenaire à la peau dorée. Hin hin hin...

J'admire cependant ces femmes coquettes qui, malgré l'âge, continuent de prendre soin d'elles, se pavanent en maillot de bain et s'enduisent de crèmes anti-âge à gogo. Mais sans illusions, juste pour le bonheur de se faire plaisir, conserver sa féminité sous les doigts de mains expertes et huileuses.

Allez, promis, l'année prochaine, j'y retourne avec ma mère pour une cure anti-cellulite!

jeudi 22 mai 2008

De l'air, de l'air, de l'air!

Nous voici donc de retour en France pour quelques jours. Pendant que Mari enchaîne réunions sur réunions dans des salles maculées et climatisées, je passe mes journées à cavaler entre Paris et la Banlieue.

En effet, quand Nain vient à Paris, il a un emploi du temps assez chargé. Le divin enfant n’étant pas encore capable de prendre les transports en commun tout seul, je dois me mettre à sa disposition pour sa tournée des Grands Ducs. J’abandonne ainsi quelques jours ma douce vie londonienne pour la remplacer par des trajets incessants entre les grands-parents, la valise à bout de bras, Nain accroché à mes tongs, le siège-auto que j’aggrippe entre le majeur et l’index, le sac heureusement en bandoulière et de belles auréoles sous les aisselles.

Mais cette fois-ci, j’ai décidé de fuir mes obligations.

J’ai rassemblé les quelques morceaux d’égoïsme que j’avais malencontreusement éparpillé depuis mon accouchement et ai décidé qu’il était temps que l’on s’occupe de moi. Cela m’a paru comme une évidence la dernière fois que je me suis regardé avec honnêteté dans la glace : un corps flasque, le visage terne et cerné, la poitrine tombante et quelques cheveux blancs! «Ressaisis-toi ma grosse » hurlait mon corps tout entier, faisant onduler avec vigueur mes poches de graisse.

Le problème, c’est que je suis incapable de prendre soin de moi plus de 10 minutes. Pour cela, il faut :
1. Que je sois dans un environnement calme, c’est-à-dire sans cris, sans « Maammmmaaaan», sans téléphone strident et sans Dora.
2. Que la maison soit impeccable, c’est-à-dire ni repassage, ni lessive, ni nettoyage, ni vaisselle à faire (quasiment impossible).
3. Que je n’ai pas de mission impérative à court terme tel que préparer les repas, faire les courses, payer les factures et écrire mon blog.

Personnellement, je n’ai JAMAIS réussi à cumuler ces trois conditions. Résultat : pas terrible.

Je m’évertue tous les jours à remplir correctement mon devoir d’épouse fidèle et de mère attentive mais sans m’en rendre compte, j’ai bouffé mon énergie inutilement. Dans cette belle quête qu’est la recherche du bonheur, j’ai mis la barre trop haut au sein de notre micro-famille et je supportais difficilement la moindre erreur. Mes exigences allaient bien au-delà du raisonnable : il fallait que nous formions une famille parfaite (alors que je sais per-ti-nem-ment que cela n‘existe pas…). J’y ai finalement perdu un peu de spontanéité, de légèreté et surtout de la confiance en soi.

Pas le choix. Si je veux retrouver un peu de superbe, respirer autre chose que du popo et m‘éloigner du chemin qui m’amène tout droit au despotisme familial, il faut que je change d’environnement.

J’ai donc troqué mon tablier de bobonne pour… un maillot de bain!
Et hop, 3 clics sur voyages-SNCF.
Envie de voir la mer? :Oui.
Week-end ou court séjour? : Ahhh, que la tentation est forte! Mais non, ça sera 3 jours-2 nuits… Tant pis…
Supplément Thalasso? : Oui.
Nombre de voyageurs :1
Nombre d’enfants : 0 (enfin si, j’en ai 1... Mais je viens pas avec!! Ouaiiiis!!)
Etes-vous sûre? : Grave

Au diable Mari câlidégoulinant et Nain qui ne fait plus de sieste, JE-ME-CASSE, direction Deauville, le temps y est radieux et je ne risque pas d‘être envahie par cette foule vulgaire qui s‘embouchonne tous les vendredi soir sur l‘A13.
Mari et Nain arriveront bien à survivre sans moi pendant 3 jours et ma mère est en back-up. Et puis, avouons-le, Deauville n’est qu’à 2h00 de Paris en train. En cas de catastrophe, je peux toujours grimper dans le premier Corail à défaut de pouvoir voler comme Superman au secours du pauvre petit.

Le jour du départ arrive. Je monte dans le train et me retrouve dans le seul compartiment bourré à craquer du wagon. Dans le lot de mes compagnes de voyage, se trouve une jeune femme voyageant avec son fils d’à peu près l‘âge de Nain. L’adorable enfant se tient à merveille et parle avec aisance. J’envie cette femme qui va partager ses quelques jours de repos seule avec son enfant. Je ne peux réprimer une boule de nœuds dans mon cœur : j’ai abandonné mon fils, je n’aurais pas du, il aime tellement la mer… Et puis vient la délivrance : l’adorable enfant se mue d’un coup en Antéchrist, donne des coups de pieds à sa mère et se met à hurler qu’il aime pas la banane.

Ouf. J’ai bien failli regretter de partir seule.

mardi 13 mai 2008

Le rouleau du printemps

Je vous sens exaspérés.

15 jours sans une seule ligne. Ca y est, c'est la mort de ce blog. Zaza a égaré son cerveau, son inspiration et vous vous demandiez s'il n'était pas temps de trouver un autre moyen de divertissement pour assaisonner votre déjeuner-sandwich-devant-l'ordinateur.
Mais voyez-vous, le printemps est une période que je redoute encore plus que les cheveux blancs et la cellulite (j'en ai pas, cherchez pas).

Pour vous tous, cette soudaine canicule est synonyme de terrasses ensoleillées, de ballades bucoliques en tongs, de pique-niques pantagruéliques, de barbecues improvisés avec une boîte de sardines, de jardins fleuris... Bref, un petit aperçu des vacances où jeunes femmes épanouies se balancent en mini-jupe et jeunes hommes bien bâtis osent le marcel mouillé.

Je le vois bien sur vos visages radieux et cramoisis : vous aimez le printemps.

Et bien pour ma part, cette saison marque le début d'une lente descente aux enfers. L'enfer de l'allergie. Parce que le pollen et moi, on est pas copains. Mais alors pas copains du tout. Et les symptômes sont d'une rare violence.

Il m'est impossible d'aligner 3 mots sans éternuer et asperger mes interlocuteurs de quelques restes de nourriture projetés à leur visage à 300 km/h. Mes narines ressemblent à 2 geysers en activité, je passe mes journées à éponger ce flux incessant et tout ce qui se trouve à portée de main y passe : mouchoirs, sopalin, nappe, torchon, T-shirts du panier à linge sale, PQ (de là à me planter 2 tampax dans les narines, il n'y a qu'un pas à faire....). Je passe mon temps à me démanger les yeux rougis par tant de haine, en perd mes lentilles au passage pour au final me retrouver tel un lapin myope et albinos, errant dans la rue à la recherche d'un endroit climatisé.

Avant donc d'être maman, je passais ainsi mes semaines enfermée à double tour, agonisant dans mon lit au mileu d'un amas de mouchoirs sales, shootée aux antisthaminiques qui m'abaissait à l'état de légume, incapable d'avoir une vie sociale normale et priant le ciel d'abréger mes souffrances en déversant quelques gouttes de pluie.

Or, Nain, quand il fait beau comme ça, il en peut plus. Il VEUT sortir au parc. Nain adore les fleurs, les oiseaux qui chantent, le soleil qui tape, l'ombre des arbres qui ondule et les chiens qui se reproduisent. Et puis surtout, Nain aime bien porter des marcels et faire pipi contre un arbre sans se geler les raflouquettes. Comment résister à un enfant aux yeux remplis d'excitation à l'idée de courir dans la nature? Comment ne pas être attendrie par cette soudaine liberté d'être que procure les premières chaleurs printanières? Comment voulez-vous rester au lit à attendre la fin du monde quand votre fils vous saute à pieds joints sur l'estomac?

Je n'ai pas d'autre choix que d'extirper mon corps malade de son écrin à microbes pour lâcher le fauve à l'attaque de la verdure. Et hop, 2 cachets avalés en vitesse, un coup de blush sur la patate cramoisie qui me sert de nez, 4 paquets de mouchoirs dans le sac, pshhit-pshhit du sinomarin dans les naseaux et me voilà prête à affronter mon pire ennemi.

Vole, vole petit pollen. Savoures tes journées de liberté, tu es définitivement le roi du printemps et le pauvre humain que je suis m'incline devant tant de puissance... mais encore quelques mois et l'hiver arrivera. Et là mon pote, tu vas t'en prendre plein la gueule.

mercredi 30 avril 2008

Junky Mummies

Quand Nain est né, j'ai décidé de l'allaiter.

J'ai donc troqué mes dessous en dentelle avec des playtex brassards taille F "ouverture facile" (si vous ne voyez toujours pas à quoi ca ressemble, ne comptez pas sur moi pour vous envoyer des photos.... cochons...), mes soirées beuveries avec des dîners à l'eau plate et les clopes contre des sucettes au réglisse. Cependant, malgré les bienfaits reconnus de l'allaitement, j'ai quand même arrêté au bout de .... 3 semaines.... C'était plus possible cette vie avec une ventouse de 3 kilos accrochée aux doudounes.... donc, au bout de 3 semaines, j'ai sevré Nain et ma poitrine a retrouvé un aspect à peu près présentable.

Mais ce n'était que le début d'une lente séparation à la fois physique et mentale avec mon fils.

J'aurais pu continuer à le scotcher à ma divine poitrine, rester toute la journée à m'occuper de lui et faire les choses à sa place : Nain serait devenu dépendant de moi à 100% et ça, c'est pas un très bon départ dans la vie, ça peut même durer des années. Donc, très rapidement, j'ai préféré mettre Mari à contribution pour les biberons, placer Nain dans une crèche quelques après-midi par semaine et le laisser faire la vaisselle si tel est son souhait. Oui, parce que au final, notre rôle de parent consiste à rendre nos enfants autonomes si on veut éviter de se les farcir à la maison jusqu'à leur 35 ans...

Bref, à 2 ans et demi, Nain continue son sevrage et s'engage doucement vers la voie de l'indépendance : marcher tout seul, dîner tout seul, faire popo tout seul, s'amuser tout seul, faire chier son monde tout seul, se réveiller à 4h00 du matin tout seul...


Je m'égare...

Le sevrage dans ce sens est assez aisé, c'est dans la nature des choses, mais qu'en est-il de l'inverse? Oui, car voyez-vous, mes premières après-midi de temps libre m'ont laissée dans un profond désarroi. Du début de la grossesse à ses 1 an, j'ai vécu au rhytme de Nain et j'ai radicalement changé mon mode de vie dilué dans l'alcool et le tabac pour son bien. Quand Nain a commencé à aller à la crèche, je l'avoue sans honte, j'errais dans la rue à une distance raisonnable (on ne sait jamais hein? il peut arriver une catastrophe en mon absence, il ne peut définitivement PAS se passer de moi aussi rapidement??!!), je scrutais ma montre en calculant le temps qu'il me restait avant de le serrer dans mes bras et mes virées shopping tournaient principalement autour du rayon puériculture.

Mère admirable et attentionnée peuvent penser les âmes charitables? Et bien non. En fait, j'étais accroc. Accroc à mon fils. Un enfant, c'est comme une drogue dure : on ne peut plus s'en passer et quand on essaye de décrocher, ça vire à l'obsession, on a des moments de panique et d'angoisse, notre esprit acéré détecte la moindre défaillance de son système immunitaire.

Flash back les premiers mois.

Mari : "C'est bon, il est dans son pieu... Tu viens me faire un petit massage?"
Zaza : "Je l'entend pas"
Mari : "Ben, c'est normal.... il dort... Allez, j'enlève ma chemise pour le massage non?"
Zaza : " T'as vérifié s'il respirait?"
Mari, qui reboutonne sa chemise : "Mmm... Je vais checker.... Non ca va..."
Zaza : "Il s'est pas retourné sur le ventre hein? Il a sa tétine? Non parce que tu sais, sans sa tétine, il stressos!"
Mari : "Ecoute, des tétines il en a 15 à portée de bouche, toute stérilisées, donc, ça va aller!! Bon, je te montre où j'ai un noeud dans le dos"
Zaza : " Ha mais non!! J'ai pas le temps de te faire un massage, je dois lui donner le biberon dans 2h00, il faut que je stérilise la bouteille, que je chauffe l'eau au bain-marie et que je sois détendue pour qu'il se sente en sécurité!"
Mari : "............"

Bon, les mois ont passé, on peut dire que je me suis volontairement sevrée pour le plus grand bien de tous, Mari et moi arrivons à dîner en tête à tête sans évoquer Nain plus de 10 minutes, et je ne passe plus mes après-midi de libre chez Gap Kids mais avec mes copines Maman autour d'un bon petit café.

Par contre, vous serez bien aimables de ne pas me demander ce que nous pouvons nous raconter entre mamans... Sinon, nous allons toutes finir en centre de désintoxication....

jeudi 24 avril 2008

Déductions et Equations

Bon, les enfants, apprêtez-vous à faire fonctionner vos méninges, cet article va vous confronter à vos pires souvenirs. Je m'adresse plus précisément aux quiches en mathématiques et vous êtes nombreux...

Comme bon nombre de couples, Mari et moi nous engueulons régulièrement. Ca n'a rien de folichon, mais j'ai constaté que les petits détails de la vie quotidienne étaient le point de départ de nos altercations. En effet, étant mère au foyer, notre maison n'a plus aucun secret pour moi : je connais parfaitement le fonctionnement des appareils ménagers, l'endroit où se trouvent les ustensiles, paperasses en tout genre et ampoules de rechange, les jours bénis où passent les éboueurs et le contenu même du panier à linge (sale ou propre).

Or, il faut bien l'admettre, comme Mari passe toutes ces journées au bureau, il arrive toujours un peu à la maison comme un touriste...

"Où sont les casseroles? Où est mon caleçon rouge avec des nounours que m'a offert Maman à Noël? Comment il marche ce four? Y'a plus de yaourts au soja! Je trouve pas la télécommande! Je donne quoi à Nain pour son goûter? On va dîner chez qui ce soir déjà?"etc...

Je l'avoue sans honte... Ca m'énerve et je ne manque pas de soupirer avec exaspération devant tant d'ignorance. Certes, cela n'a rien de grave au fond et je me contente parfois de hocher la tête en levant les yeux au ciel.
Or, la plupart du temps, j'en viens à faire des déductions-équations qui m'amènent à penser que Mari est un gros boulet, notamment les jours où je suis fatiguée, énervée ou que Nain commence à me les briser sérieux (je parle des nerfs). Et attention, ces jours là, ca peut aller très très vite et ça va chercher très très loin...

Déductions :

a. Mari ne trouve pas les casseroles = il ne fait jamais la cuisine = sa mère ne lui a rien appris
b. Mari ne sait pas où se trouvent ses fringues = il n'a jamais lancé une machine de sa vie = il me prend pour sa boniche
c. Mari ne sait pas comment marche le four = a
d. Mari se plaint de ne pas avoir de yaourts au soja = il ne fait jamais les courses = il me prend pour sa cuisinière (+/- = b)
e. Mari ne trouve pas la télécommande = il ne prend même pas la peine de chercher = c'est un fainéant
f. Mari ignore la composition exacte des repas de Nain = il ne lui a jamais préparé un repas = c'est un gamin
g. Mari ne connait pas notre carnet mondain = il n'organise rien = c'est un attentiste

Calculs rapides :

a+b+c = Mari est un incapable
a+f = Mari est immature
b+e+g = Mari est une grosse moule
Et si on fait a+b+c+d+e+f+g = Mari est un bon à rien qui passe le plus clair de son temps à se faire servir

Déductions-Equations de Mari (formule simplifiée):
Prenez x = nombre infini de jours où je suis fatiguée
Soit (a-z) = toutes les choses que Mari fait de travers et qui me mettent dans des états de nerfs impossibles
x (a-z) = "Ma femme est une vraie casse-couilles"

Mari a beau être un époux attentionné et un père très présent, nos petits tracas quotidiens finissent par prendre des ampleurs faramineuses. On en oublie finalement l'équation la plus importante dans un couple :

1+1 = 3 (ou 4-5-6)
1-1 = 0

En plus, ça fait moins de calculs mentaux à faire...

lundi 21 avril 2008

Plus poche que posh, tu meurs....

Une fois par an, Mari et moi nous accordons une soirée placée sous le signe de l'élégance et de la gastronomie. Une fois par an donc, nous dînons dans un GRAND restaurant. Quand je dis grand, je ne pense pas aux méga cantines Pizza Hut mais aux restaurants multi étoilés-macaronnés-gaultetmillauté qui jalonnent les quartiers chics de Paris. Ces derniers ne manquent pas à Londres non plus et nous avons décidé cette année de tester la énième enseigne d'Alain Ducasse à l'hôtel Dorchester.

Le problème de ce type de restaurant, c'est que malgré son côté exceptionnel, il faut savoir y faire preuve d'élégance naturelle et se fondre discrètement dans le décor tamisé. Or, force est de constater qu'à trop écumer les gastropubs où l'on noit les frites sous des litres de bière et se faire des plateaux repas devant la téloche, nous perdons un peu l'habitude de sortir dans des endroits un peu chics.

Tout d'abord, il faut s'habiller. Veste de rigueur pour les hommes et tongs interdites pour les dames. Ca commence mal. Mari doit remettre son uniforme de travail en week-end et je suis bien obligée de sortir mes talons, sources fielleuses d'entorses mémorables.

Ensuite, dès que nous passons les portes du restaurant ouvertes avec diligence par une bombe atomique de 1,80 mètres, il faut se contenir pour cacher notre super excitation, éteindre de suite l'appareil photo, soutenir avec aisance un port de duchesse et faire comme si nous étions habitués à ce genre de lieu... limite blasés...

Vient le moment où le serveur nous apporte la carte. Nous déglutissons bruyamment les quelques mignardises avalées goulûment comme si on nous avait pas nourris pendant 2 semaines et commençons assidûment la lecture du menu. Et là, c'est le gag. On comprend rien. Mais alors rien du tout. "Braised Halibut, Young hen and crayfish fricassée, abalone of sea urchin"... J'ai bien repéré qu'il y avait aussi du poulet, du boeuf et de l'agneau mais les assaisonnements décrits avec poésie nous laissent dans l'embarras le plus total. Nous sommes donc obligés de faire appel au maître d'hôtel pour qu'il nous explique ce qui va se retrouver dans notre assiette. Las, ses explications nous éclairent à peine et choisissons par mesure de sécurité le menu dégustation et ses différents 8 plats (on prend moins de risques avec de toutes petites portions....).

Cependant, à peine avons-nous eu le temps de souffler avec soulagement que Maître Sommelier nous apporte... la carte des vins... Holalalala... j'ai compté... 31 pages. Oui, oui. 31 pages parmi lesquelles il va falloir choisir LE vin qui va s'accorder à nos plats. A part le sancerre blanc et les vins d'Alsace, honnêtement, je n'y connais rien... Mari non plus... C'est reparti... Nous pointons discrètement le doigt en l'air en fixant désespérément le dit sommelier qui se trouve à l'autre bout de la salle pour qu'il vienne à notre rescousse... Or, comment expliquer à ce brave monsieur que ces conseils forts avisés ne doivent pas dépasser une certaine limite budgétaire sans passer pour des ploucs?? Nous finissons par acquiescer niaisement sur une bouteille dont je tairai le prix par décence.

La ronde des plats commence et un festival de saveurs explose dans nos papilles. Un délice. Nous nous extasions à chaque bouchée (pleine) : "Chroumph. Chroumph. Ch'est une tuerie cheu machin! Ch'est quoi déjà?". Conscient qu'il a à faire à de fins grastronomes, le serveur ne manque pas de venir s'enquérir de notre estomac tous les quarts d'heure... "Everything is all right?" "Echêêêllent! Chank you!".


Nous gardons notre dignité tout au long du repas en lorgnant très discrètement sur les assiettes de nos voisins, mais au bout du 5ème plat, le verdict tombe déjà.

Mari : "Pfiou... Normalement, un bon vin, tu dois pas le sentir passer..."

Zaza : " M'en parle pas... Je crois que je suis déjà bourrée..."

Mari : "Pareil"

Zaza : "En plus, il faut que j'aille aux toilettes... C'est où?"

Mari : "..."

Zaza : " 'Tain! T'es un vrai lâcheur toi!"


Je me dresse sur mes talons en priant le ciel de ne pas me gauffrer sur un serveur et m'enquérit de l'endroit où on se lave les mains après avoir fait popo... "Alors, vous sortez sur votre droite, après 40 mètres, vous tournez sur votre gauche, puis vous descendez quelques escaliers et ce sera la 3ème porte à droite" me répond l'hôtesse avec un large sourire. Impossible de reculer, va falloir que je me tape tout le hall de l'hôtel sans que mon ébriété se voit.... Hin, hin, hin...

Comme deux pochetrons, nous terminons notre menu dégustation en riant grassement; Mari vérifie au moins pendant 10 minutes l'addition avant de lâcher la CB au serveur qui attend dans son dos et nous ne manquons pas de nous engueuler sur qui doit remplir la fiche d'évaluation donnée en fin de repas. De vrais ploucs.

J'ai toujours l'impression que, malgré tous nos efforts que nous déployons pour nous tenir correctement, nous donnons l'impression de 2 pavés balancés dans de la soupe au caviar; mais ces grands restaurants sont avant tout un hymne à la gloire de la bonne bouffe et nous préférons en jouir avec une délectation outrancière.

Ripaillons amis lecteurs malgré l'ivresse et promis, l'année prochaine, je fais péter l'appareil photo pour vous faire partager ce qu'il y aura dans mon assiette!